L’étroite union entre l’âme et Dieu n’est jamais rompue.
Je poursuivais dans mon état habituel et mon aimable Jésus
se montra soudai-nement. Comme j’étais en train de me plaindre,
il me dit: «Ma fille, ma fille, ma pau-vre fille, si tu savais tout
ce qui doit arriver, tu souffrirais grandement. Aussi, pour t’épargner
d’aussi grandes souffrances, j’essaie de t’éviter.»
Quant à moi, j’ai poursuivi avec mes plaintes en disant: «Ma
Vie, je ne m’atten-dais pas à ça de toi. Toi qui sembles
incapable d’être sans moi, tu passes maintenant des heures et des
heures loin de moi; il semble parfois que tu veux laisser passer toute
la journée ainsi. Jésus, ne me fais pas cela! Comme tu as
changé!»
Il m’interrompit en disant: «Calme-toi, calme-toi! Je n’ai pas
changé, je suis immuable. Quand je me suis communiqué à
une âme, que je l’ai tenue contre moi, lui ai parlé et l’ai
comblée de mon Amour, cette communion entre elle et moi n’est jamais
rompue. Au plus, les manières changent. À un moment, je me
manifeste d’une manière, à un autre, d’une autre manière;
je sais toujours inventer de nouvel-les manières pour épancher
mon Amour. Ne vois-tu pas que si je ne t’ai rien dit le matin, je te parle
le soir?
«Quand les gens lisent les “applications” des Heures de ma Passion[1],
je remplis ton âme jusqu’à déborder et je te parle
de choses intimes dont je ne t’ai jamais parlé auparavant, de la
manière de me suivre dans mes voies. Ces “applications” sont le
miroir de ma vie intérieure et celui qui se modèle sur elles
reproduit ma vie en lui. Oh! comme elles révèlent mon Amour
et ma soif pour les âmes ressentis dans toutes les fibres de mon
Coeur, dans chacune de mes respirations, dans chacune de mes pensées,
etc.!
«En fait, je te parle plus que jamais mais, dès que j’ai
fini, je me cache et, ne me voyant pas, tu dis que j’ai changé.
J’ajouterai que lorsque tu ne répètes pas avec ta voix ce
que je t’ai dit intérieurement, tu empêches l’épanchement
de mon Amour.»
18 mars 1917
Effets bénéfiques dont profite celui qui se fond en Jésus.
Je priais en me fondant complètement en Jésus. Je voulais
avoir toutes les pensées de Jésus en mon pouvoir pour les
déposer dans les pensées des créatures et ainsi réparer
pour tout ce qui n’est pas selon son Coeur dans leurs pensées, et
ainsi de suite pour tout le reste. Mon doux Jésus me dit: «Ma
fille, pendant que j’étais sur la terre, mon Humanité unissait
toutes les pensées des créatures aux mien-nes. Ainsi, chacune
de leurs pensées se reflétait dans mon Esprit, chacun de
leurs mots dans ma voix, chacun de leurs battements de coeur dans mon Coeur,
chacune de leurs actions dans mes mains, chacun de leurs pas dans mes pieds,
et ainsi de suite. Ce faisant, je présentais des réparations
divines au Père.
«De plus, tout ce que j’ai fait sur la terre, je le continue
dans le Ciel: pendant que les créatures pensent, leurs pensées
se versent dans mon Esprit; quand elles voient, je sens leur regard dans
le mien, etc. Ainsi, entre elles et moi, un courant passe continuellement,
de la même manière que la tête est en continuelle commu-nication
avec les membres du corps. Je dis au Père: “Mon Père, ce
n’est pas seule-ment moi qui te prie, fais réparation et t’apaise,
mais il y a des créatures qui font avec moi ce que je fais. Par
leurs souffrances, elles remplacent mon Humanité main-tenant glorieuse
et incapable de souffrir.”
«Les âmes qui se fondent en moi répètent
ce que j’ai fait. Quand elles seront avec moi au Ciel, quel sera leur contentement,
elles qui ont vécu en moi et qui, avec moi, ont embrassé
toutes les créatures et réparé pour chacune! Elles
continue-ront leur vie en moi. Et quand les créatures encore sur
la terre m’offenseront dans leurs pensées, les pensées de
ces âmes se répercuteront dans l’esprit de ces âmes
blessées et continueront les réparations qu’elles faisaient
pendant qu’elles étaient sur la terre. Avec moi, elles seront des
sentinelles d’honneur devant le trône divin. Quand les créatures
sur la terre m’offenseront, elles feront les actes opposés dans
le Ciel. Elles seront les gardiennes de mon trône et auront les places
d’honneur. Elles seront celles qui me comprendront le mieux. Elles seront
les plus glorieuses. Leur gloire sera fondue dans la mienne et la mienne
dans la leur.
«Par conséquent, que ta vie sur la terre soit complètement
fondue dans la mienne. Ne fais aucune action sans passer par moi. Chaque
fois que tu te fonds en moi, je verse en toi des grâces nouvelles
et une lumière nouvelle. Je serai une senti-nelle vigilante de ton
coeur pour te préserver de l’ombre même du péché;
je te gar-derai comme ma propre Humanité et commanderai aux anges
de former une couronne autour toi, de sorte que tu sois défendue
contre tous et tout.»
28 mars 1917
Effets des “je t’aime” de Jésus. Jésus regarde à
la bonne volonté de l’âme.
J’étais dans mon état habituel et mon toujours aimable
Jésus se montra briève-ment. Il était si affligé
qu’il faisait pitié. Je lui ai dit: «Qu’est-ce qui ne va pas,
Jésus?» Il me répondit: «Ma fille, il surviendra
des choses soudaines et inattendues; des révolutions éclateront
un peu partout. Oh! comme les choses vont empirer!» Puis, tout accablé,
il resta silencieux.
Je lui dis: «Vie de ma vie, dis-moi une autre parole.»
En faisant comme s’il vou-lait souffler en moi, il me dit: «Je t’aime.»
Par ce “je t’aime”, il me sembla que cha-que être humain et chaque
chose recevaient une vie nouvelle. Je continuai: «Jésus, dis
encore une autre parole.» Il reprit: «Je ne peux pas te dire
une plus belle parole que “Je t’aime.” Venant de moi, ce “je t’aime” remplit
le Ciel et la terre. Il circule chez les saints qui en reçoivent
une gloire nouvelle. Il descend dans le coeur des pèlerins terrestres
dont quelques-uns reçoivent la grâce de la conversion et d’autres
celle de la sanctification. Il pénètre dans le purgatoire
et répand sur les âmes qui s’y trouvent une rosée bénéfique
et rafraîchissante. Même les éléments se sentent
investis d’une vie nouvelle dans leur fécondité et leur croissance.
Tous entendent le “je t’aime” de ton Jésus!
«Sais-tu quand l’âme attire vers elle un “je t’aime” de
ma part? Quand, se fon-dant en moi, elle prend l’attitude divine et fait
tout ce que je fais.» Sur ce, je dis à Jésus: «Mon
Amour, il est difficile de toujours avoir cette attitude divine.»
Il poursui-vit: «Ma fille, si l’âme ne peut pas toujours faire
ainsi dans ses actions courantes, elle peut le faire par sa bonne volonté.
Alors, je suis tellement content d’elle que je me fais la sentinelle vigilante
de toutes ses pensées, de tous ses mots, de tous ses batte-ments
de coeur, etc., les plaçant à l’intérieur et à
l’extérieur de moi comme escorte, les regardant avec amour comme
des fruits de sa bonne volonté.
«Quand, se fondant en moi, l’âme fait ses actions courantes
en union avec moi, je me sens si attiré vers elle que je fais avec
elle tout ce qu’elle fait, changeant ses actions en actions divines. Je
tiens compte de tout et récompense tout, même les plus petites
choses. Aucun de ses actes de bonne volonté ne reste sans récom-pense.»
2 avril 1917
La souffrance d’être privée de Jésus est une souffrance
divine.
Je me plaignais à mon toujours aimable Jésus à
propos de mon habituelle pri-vation de lui en lui disant: “Mon Amour, quelle
mort continuelle! La privation de toi est une mort et cette mort est d’autant
plus cruelle qu’elle ne conduit pas effective-ment à la mort. Je
ne comprends pas comment la bonté de ton Coeur puisse tolérer
de me regarder souffrir ces morts continuelles et de me laisser encore
vivante.»
Pendant que j’entretenais ces pensées, Jésus béni
vint et, me pressant ferme-ment sur son Coeur, me dit: «Ma fille,
presse-toi bien fort contre mon Coeur et reprends vie. Sache que la souffrance
qui me satisfait et me plaît le plus, qui est la plus puissante et
ressemble le plus à la mienne, est celle de la privation de moi,
car c’est une souffrance divine. Les âmes me tiennent tellement à
coeur qu’elles sont comme enchaînées à mon Humanité.
Et quand l’une d’elles se perd, la chaîne qui la retient à
moi est rompue et j’en ressens une douleur comme si un membre m’était
arraché.
«Et qui peut réparer cette chaîne rompue, réparer
la déchirure? Qui peut me ramener cette âme, lui redonner
vie? Les souffrances de la privation de moi, car ce sont des souffrances
divines. Mes souffrances causées par la perte des âmes sont
divines; les souffrances des âmes qui ne me voient pas et ne me ressentent
pas sont divines. Ces deux espèces de souffrances divines se rencontrent,
s’embrassent et ont une telle puissance qu’elles peuvent prendre les âmes
séparées de moi et les réunir de nouveau à
mon Humanité.
«Ma fille, est-ce que la privation de moi te coûte beaucoup?
Si oui, ne rends pas inutile une souffrance d’un si grand prix. Puisque
je te donne cette souffrance, ne la garde pas pour toi seule mais fais-la
circuler chez les combattants pour saisir les âmes au milieu de la
bataille et les enfermer en moi. Que ta souffrance circule dans le monde
entier pour sauver les âmes et me les rapporter toutes.»
12 avril 1917
Ce ne sont pas les souffrances qui rendent les âmes malheureuses,
mais quand quelque chose manque à leur amour pour Dieu.
Me trouvant dans mon état habituel, mon toujours aimable Jésus
vint. Comme je souffrais un peu, il me prit dans ses bras et me dit: «Ma
fille bien-aimée, ma chère petite fille, repose-toi en moi;
ne garde pas tes souffrances pour toi seule mais joins- les à ma
Croix comme escorte et soulagement à mes douleurs. Mes souffrances
se joindront aux tiennes et te soutiendront. Nos souffrances brûleront
dans un même feu. Je verrai tes souffrances comme si elles étaient
miennes. Je leur donnerai les mêmes effets et la même valeur
que les miennes quand j’étais sur la Croix; elles rempliront le
même office devant mon Père pour les âmes.
«Mieux encore, viens toi-même sur la Croix; comme nous
y serons heureux, même en souffrant! En fait, ce n’est pas la souffrance
qui rend la créature malheu-reuse; au contraire, souffrir la rend
victorieuse, glorieuse, riche et belle. Elle devient malheureuse quand
quelque chose manque à son amour. Unie à moi sur la Croix,
tu seras satisfaite en tout par l’amour. Tes souffrances seront amour,
ta vie sera amour et, ainsi, tu seras heureuse.»
18 avril 1917
Se fondre avec Jésus dans la Divine Volonté résulte
en une rosée bénéfique sur toute la Création.
Je me fondais en mon doux Jésus afin de pouvoir me diffuser
dans toutes les créatures et les fondre toutes en lui. Je voulais
me tenir entre Jésus et les créatures pour qu’elles soient
incapables d’offenser Jésus. Pendant que je faisais ainsi, Jésus
me dit: «Ma fille, quand tu te fonds avec moi dans ma Volonté,
un soleil est formé en toi. Pendant que tu penses, que tu aimes,
que tu répares, etc., les rayons de ce soleil se forment et, en
arrière-plan, ma Volonté couronne ces rayons. Ce soleil s’élève
dans le ciel et rayonne comme une rosée bénéfique
sur toutes les créatures. Plus tu te fonds en moi, plus tu formes
de tels soleils.
«Oh! comme il est beau de voir ces soleils qui, s’élevant,
se fondent dans mon propre Soleil et font descendre une rosée bienfaisante
sur tout! Combien de grâces les créatures ne reçoivent-elles
pas ainsi! J’en suis si saisi que, dès qu’une âme se fond
en moi, je fais pleuvoir sur elle des grâces en abondance, de manière
à ce qu’elle forme un soleil encore plus grand pour pouvoir ensuite
verser une rosée plus abondante sur tout.»
Par la suite, pendant que je me fondais en lui, j’ai ressenti la lumière,
l’amour et les grâces pleuvoir sur ma tête.
2 mai 1917
Jésus mourait continuellement sans mourir. Luisa
participe à cette souffrance de Jésus.
Me trouvant dans mon état habituel, je me plaignais à
mon doux Jésus d’être privée de sa présence
en disant: «Mon Amour, qui pourrait savoir à quel point la
privation de toi m’est pénible? Je me sens mourir petit à
petit. Chaque action que je fais est une mort que je ressens parce que
je ne trouve pas celui qui est ma vie. Mourir et vivre en même temps
est plus cruel que la mort; c’est une double mort.»
Mon aimable Jésus vint et me dit: «Ma fille, sois courageuse
et ferme en tout! Et puis, ne veux-tu pas m’imiter? Je suis également
mort petit à petit. Pendant que les créatures me heurtaient
dans mes pas, je sentais mes pieds se déchirer avec des spasmes
capables de me donner la mort. Cependant, même si je me sentais mourir,
je ne mourais pas. Quand les créatures m’offensaient par leurs actions,
je sentais la mort dans mes mains; je me sentais mourir, mais la Volonté
de mon Père m’empê-chait de mourir. Les mauvaises conversations
et les horribles blasphèmes des créa-tures retentissaient
dans ma voix; alors je me sentais suffoquer, je sentais la mort dans ma
voix, mais je ne mourais pas.
«Et mon Coeur torturé? Pendant qu’il palpitait, je sentais
les mauvaises vies des créatures et les âmes qui se détachaient
de moi; mon Coeur était sans cesse déchiré et lacéré.
Je mourais continuellement pour chaque créature, pour chaque offense.
Là encore, l’Amour et la Divine Volonté me contraignaient
à vivre. C’est la raison pour laquelle toi aussi tu meurs petit
à petit. Je te veux à mes côtés; je veux ta
com-pagnie dans mes morts. N’es-tu pas heureuse?»
10 mai 1917
Le souffle de Dieu donne vie et mouvement à toutes les créatures.
Poursuivant dans mon état misérable, j’essayais de me
fondre en mon doux Jésus selon mon habitude. Cependant, tous mes
efforts étaient inutiles; Jésus lui- même me distrayait.
En respirant bruyamment, il me dit: «Ma fille, la créature
n’est rien d’autre que mon souffle. Quand je respire, je donne vie à
tout. Toute vie est dans la respiration. Si la respiration manque, le coeur
ne bat plus, le sang ne circule plus, les mains deviennent inertes, l’intelligence
se meurt, et ainsi de suite. La vie humaine réside dans le don de
mon souffle et dans son acceptation.
«Cependant, alors que je donne vie et mouvement aux créatures
par mon saint souffle — par lequel je veux les sanctifier, les aimer, les
embellir, les enrichir, etc. — , celles-ci me répondent par leur
souffle chargé d’offenses, de rébellions, d’ingratitu-des,
de blasphèmes, etc. En somme, j’envoie un souffle pur et il me revient
un souf-fle impur; j’envoie un souffle de bénédictions et
il me revient un souffle de malédictions; j’envoie un souffle d’Amour
et je reçois dans le plus profond de mon Coeur un souffle d’offenses.
Mais mon Amour me fait continuer d’envoyer mon souffle pour maintenir les
machines de la vie humaine; autrement, elles ne fonction-neraient plus
et seraient détruites.
«Ah! ma fille, sais-tu comment la vie humaine est entretenue?
Par mon souffle. Quand je trouve une âme qui m’aime, comme son souffle
m’est doux! Comme elle me réjouit! Je me sens tout heureux. Entre
elle et moi se répercutent des échos har-monieux. Cette âme
est distincte de toutes les autres créatures et il en sera ainsi
au Ciel. Ma fille, je ne pouvais contenir mon Amour et je lui ai donné
libre cours avec toi.»
Je n’ai pas été capable de me fondre en Jésus
aujourd’hui, parce qu’il m’a tenue occupée par son souffle. Combien
de choses j’ai comprises que je ne sais pas exprimer; aussi, je m’arrête
ici.
12 mai 1917
Douter de l’Amour de Jésus et craindre
d’être damné attriste son Coeur.
Mon toujours aimable Jésus n’était pas venu et j’en étais
très affligée. Pendant que je priais, la pensée suivante
vint à mon esprit: «T’est-il jamais venu à l’esprit
que tu pourrais être damnée?» Vraiment, je ne pense
jamais à ça et j’étais un peu éton-née
que cette pensée vienne à mon esprit. Mon bon Jésus,
qui veille toujours sur moi, bougea en moi et me dit:
«Ma fille, cette pensée est une bizarrerie qui attriste
grandement mon Amour. Si une fille disait à son père: “Je
ne suis pas ta fille; tu ne me donneras pas une part de ton héritage;
tu ne veux pas me donner de nourriture, tu ne me veux pas dans ta maison”,
et qu’elle s’en affligeait, que dirait le pauvre père? Il dirait:
“Absurde! cette fille est folle!” Puis, avec amour, il ajouterait: “Si
tu n’es pas ma fille, la fille de qui es- tu donc? Tu vis sous mon toit,
tu manges à ma table, je t’habille avec l’argent gagné par
mon labeur; si tu es malade, je t’assiste et je te procure tous les soins
pour que tu guérisses. Pourquoi donc doutes-tu que tu es ma fille?”
«Avec beaucoup plus de raisons encore, je dirais à celui
qui douterait de mon Amour et craindrait d’être damné: “Qu’est-ce
à dire? Je te donne ma Chair à man-ger; tu vis de tout ce
qui m’appartient; si tu es malade, je te guéris avec les sacre-ments;
si tu es sale, je te lave avec mon Sang. Je suis toujours à ta disposition
et tu doutes? Veux-tu m’attrister? Et puis, dis-moi, aimerais-tu quelqu’un
d’autre? En reconnais-tu un autre comme père? Et tu dis n’être
pas ma fille?” Et s’il n’en est pas ainsi pour toi, pourquoi t’affliges-tu
et m’attristes-tu? L’amertume que les autres me donnent n’est-elle pas
suffisante? Veux-tu, toi aussi, mettre le chagrin dans mon Coeur?»
16 mai 1917
Les avantages que l’on trouve à se fondre en Jésus. Les
“Heures
de la Passion” mettent la Rédemption en action.
Me trouvant dans mon état habituel, je me fondais totalement
en mon doux Jésus et je me déversais dans toutes les créatures
dans le but de les remplir de lui. Mon aimable Jésus me dit: «Ma
fille, chaque fois que la créature se fond en moi, elle communique
les influences divines à toutes les créatures qui, selon
leurs besoins, sont ainsi visitées: ceux qui sont faibles ressentent
la force; ceux qui sont obstinés dans le péché reçoivent
la lumière; ceux qui souffrent reçoivent le réconfort;
et ainsi de suite.»
Après cela, je me suis retrouvée hors de mon corps au
milieu de beaucoup d’âmes. Il me semblait que c’était des
âmes du purgatoire et des saints. Ces âmes me parlaient d’une
personne morte récemment que je connaissais. Elles me disaient:
«Comme elle est contente que les âmes qui portent l’empreinte
des “Heu-res de la Passion” ne passent pas par le purgatoire! Escortées
par ces Heures, elles prennent position dans un endroit sécuritaire.
De plus, il n’est pas une âme qui vole au Paradis qui ne soit accompagnée
des “Heures de la Passion”. Ces Heures répan-dent continuellement
la rosée du Ciel sur la terre, dans le purgatoire et même
dans le Ciel.»
En entendant cela je me disais: «Peut-être que pour tenir
parole — à savoir que pour chaque mot des “Heures de la Passion”,
Jésus sauverait une âme —, mon bien-aimé Jésus
accorde qu’il n’y ait pas d’âmes sauvées qui ne le soient
par l’inter-médiaire de ces Heures.» Après, je suis
revenue dans mon corps et, ayant trouvé mon doux Jésus, je
lui ai demandé si cela était vrai. Il me dit: «Ces
Heures mettent en harmonie le Ciel et la terre et m’empêchent de
détruire le monde. Je sens mon Sang, mes Plaies, mon Amour et tout
ce que j’ai fait mis en circulation et se répan-dre sur tout pour
tout sauver. Quand on médite ces Heures de la Passion, je sens mon
Sang, mes Plaies et mes anxiétés pour le salut des âmes
mis en motion; je sens ma vie se répéter. Comment les créatures
peuvent-elles obtenir quelque bien si ce n’est par le truchement de ces
Heures? Pourquoi en doutes-tu? La chose n’est pas la tienne mais la mienne.
Tu as été le faible instrument.»
7 juin 1917
Quand Jésus trouve que tout dans une âme lui
appartient, il la fond en lui-même.
Me trouvant dans mon état habituel, je me plaignais à
propos de la privation de mon doux Jésus en lui disant: «Quelle
séparation amère! Tout est fini pour moi! Je suis devenue
la créature la plus malheureuse qui soit!»
M’interrompant, il me dit: «Ma fille, de quelle séparation
parles-tu? L’âme est séparée de moi seulement quand
elle permet à quelque chose qui ne m’appartient pas d’entrer en
elle. Quand j’entre dans une âme et que je trouve sa volonté,
ses désirs, ses affections, ses pensées, son coeur, etc.
entièrement à moi, je l’absorbe en moi par le feu de mon
Amour en maintenant sa volonté fondue avec la mienne de telle manière
que nous ne fassions qu’un.
«Je fonds ses affections, ses pensées et ses désirs
dans les miens; et quand j’en ai formé un seul liquide, je le verse
sur mon Humanité comme une rosée céleste se transformant
en autant de gouttelettes de rosée que je reçois d’offenses.
Ces goutte-lettes me baisent, m’aiment, me font réparation et parfument
mes Plaies rouvertes. Et comme je suis toujours à faire du bien
à toutes les créatures, cette rosée descend pour le
bien de tous.
«Mais si je trouve dans l’âme quelque chose qui ne m’appartient
pas, je suis incapable de fondre ses choses avec les miennes. Seulement
les choses similaires peuvent se fondre et avoir la même valeur.
Si, dans l’âme, il y a du fer, des épines et des pierres,
comment peuvent-elles se fondre ensemble? Il y a alors séparation,
insatisfaction. Si rien de cela n’existe dans ton coeur, comment puis-je
me séparer de toi?»
14 juin 1917
Plus l’âme se dépouille d’elle-même,
plus Jésus la revêt de lui-même.
Poursuivant dans mon état habituel, j’implorais mon aimable
Jésus de venir en moi pour aimer, prier et réparer à
ma place, étant donné mon incapacité de faire quoi
que ce soit par moi-même. Ému de compassion à cause
de mon néant, mon doux Jésus vint en moi pour aimer, prier
et réparer avec moi. Il me dit:
«Ma fille, plus l’âme se dépouille d’elle-même,
plus je la revêts de moi. Plus elle croit qu’elle ne peut rien faire
par elle-même, plus je travaille et fais tout en elle. Je ressens
que mon Amour, mes prières et mes réparations sont mis à
contribution par elle. Et, pour mon honneur, je regarde ce qu’elle veut
faire: Veut-elle aimer? Je viens et j’aime avec elle. Veut-elle prier?
Je prie avec elle. En somme, son annihila-tion et son amour, qui sont miens,
m’attachent à elle et m’obligent à faire avec elle ce qu’elle
veut; et je lui donne le mérite de mon Amour, de mes prières
et de mes réparations. Avec un immense contentement, je sens ma
vie se répéter et je fais des-cendre les fruits de mes actes
pour le bien de tous, parce qu’il ne s’agit pas de cho-ses de la créature
(cachée en moi), mais des miennes.»
4 juillet 1917
Toutes les souffrances des créatures ont été d’abord
vécues par Jésus. Celui qui vit dans la Divine Volonté
partage la vie
eucharistique de Jésus dans les tabernacles.
Poursuivant dans mon état habituel, je souffrais quelque peu.
En venant, mon adorable Jésus se plaça devant moi; il me
semblait y avoir plusieurs lignes de com-munication entre lui et moi. Il
me dit:
«Ma fille, chaque souffrance de l’âme est une communication
additionnelle entre elle et moi. C’est que toutes les souffrances que la
créature peut vivre ont été souffertes dans mon Humanité
et furent ainsi revêtues d’un caractère divin. Et puis-que
la créature ne peut pas les vivre toutes ensemble, ma bonté
les lui communique peu à peu. À travers ses souffrances,
l’union avec moi grandit; elle grandit non seu-lement à travers
ses souffrances, mais aussi à travers tout ce que l’âme fait
de bien. C’est ainsi que se développent des liens entre la créature
et moi.»
Un autre jour, je pensais à la chance que d’autres âmes
ont de pouvoir être devant le Saint Sacrement pendant qu’à
moi, pauvre petite chose, cela m’est refusé. Alors, mon Jésus
béni me dit: «Ma fille, quiconque vit dans ma Volonté
reste avec moi dans le tabernacle et prend part à mes souffrances
provenant des froi-deurs, des irrévérences et de tout ce
que les âmes font subir à ma présence sacra-mentelle.
«Quiconque vit dans ma Volonté doit exceller en tout et
la place d’honneur lui est réservée. Qui a le plus de profit:
celui qui est devant moi ou celui qui est avec moi? Pour celui qui vit
dans ma Volonté, je ne tolère même pas la distance
d’un pas entre lui et moi, ni de différence entre nous dans la douleur
ou la joie. Peut-être que je le placerai sur la Croix, mais je l’aurai
toujours avec moi.
«Voilà pourquoi je te veux toujours dans ma Volonté:
je veux te donner la pre-mière place dans mon Coeur sacramentel.
Je veux sentir ton coeur battre dans le mien avec le même amour et
les mêmes peines que moi. Je veux sentir ta volonté dans la
mienne de manière à ce qu’en se multipliant en chacun, elle
me donne, d’un simple acte, les réparations et l’amour de tous.
Je veux sentir ma Volonté dans la tienne qui, rendant mienne ta
pauvre humanité, la présente devant la Majesté du
Père comme une victime perpétuelle.»
7 juillet 1917
Les souffrances et les actions passées de l’âme qui vit
dans la
Divine Volonté sont toujours actuelles et agissantes.
Je me fondais dans mon doux Jésus, mais je me voyais si misérable
que je ne savais pas quoi lui dire. Pour me consoler, mon toujours aimable
Jésus me dit: «Ma fille, pour quiconque vit dans ma Volonté,
il n’existe ni passé ni futur, mais tout est présent. Tout
ce que j’ai fait ou souffert est actuel; ainsi, si je veux donner satisfac-tion
au Père ou faire du bien aux créatures, je peux le faire
comme si j’étais en train d’agir ou de souffrir. Les choses que
les créatures peuvent souffrir ou faire dans ma Volonté sont
jointes à mes souffrances et à mes actes avec lesquels elles
ne font qu’un.
«Quand une âme veut me dire son amour à l’aide de
ses souffrances, elle peut faire appel à ses souffrances passées
— qui sont toujours actuelles — pour renouve-ler l’amour et les satisfactions
qu’elle m’offre. Pour ma part, quand je vois l’ingé-nuité
de cette créature qui, pour me donner amour et satisfaction, met
ses actions et ses souffrances passées comme dans une banque pour
les multiplier et gagner des intérêts, alors, pour l’enrichir
plus encore et pour ne pas me laisser vaincre en amour, j’adjoins mes propres
souffrances et mes propres actes aux siens.»
18 juillet 1917
Celui qui vit dans la Divine Volonté vit aux dépens de
Jésus. Il a fait
les créatures pour que son Amour trouve en elles une issue.
Poursuivant dans mon état habituel, j’essayais de me jeter entièrement
dans la sainte Volonté de mon Jésus et je l’implorais de
se fondre entièrement en moi de manière à ce que je
ne me ressente plus moi-même, mais que je ne ressente que lui. Jésus
béni vint et me dit:
«Ma fille, quand une âme vit et agit dans ma Volonté,
je la ressens partout en moi. Je la ressens dans mon Esprit et ses pensées
se joignent aux miennes. Comme c’est moi qui diffuse la vie dans l’intelligence
des créatures, cette âme se diffuse avec moi dans l’esprit
des créatures; quand elle voit que des créatures m’offensent,
elle ressent ma peine. Je la ressens aussi dans les battements de mon Coeur;
en fait, je ressens un double battement dans mon Coeur et, quand mon Amour
s’épanche dans les créatures, elle s’épanche avec
moi; si je ne suis pas aimé, elle m’aime pour chacun, elle me console.
Dans mes désirs, je sens les désirs de cette âme; dans
mes travaux, je sens les siens, et ainsi de suite. En somme, on peut dire
que cette âme vit à mes dépens.»
Je lui dis: «Mon Amour, tu peux tout faire par toi-même
et tu n’as aucunement besoin des créatures. Pourquoi donc aimes-tu
tant que les créatures vivent dans ta Volonté?» Il
me répondit: «Il est vrai que je n’ai besoin de rien ni de
personne et que je peux tout faire par moi-même. Cependant, pour
vivre, l’Amour a besoin de débouchés. Prenons le soleil:
il n’a pas besoin de lumière, il se suffit à lui-même
et procure ses bienfaits aux autres. Cependant, il existe aussi d’autres
petites lumières et, sans s’arrêter au fait qu’il n’a pas
besoin d’elles, il les veut en lui comme compa-gnes et comme débouchés
à sa lumière afin d’agrandir leur petite lumière.
Quel mal les petites lumières ne lui feraient-elles pas si elles
refusaient sa lumière?
«Ah! ma fille, quand la volonté est seule, elle est stérile;
quand l’amour est seul, il languit et dépérit! J’aime tant
les créatures que je les veux unies à ma Volonté pour
les rendre fertiles et leur donner une vie d’amour; ainsi, mon Amour trouvera
un débouché. J’ai fait les créatures seulement pour
que mon Amour trouve en elles une issue et pour rien d’autre.»
25 juillet 1917
Les calamités présentes ne sont qu’un début. Jésus
purifie
l’âme qu’il veut admettre dans sa Volonté.
Poursuivant dans mon état habituel, je me plaignais à
Jésus et le priais de met-tre un terme à ses châtiments.
Il me dit: «Ma fille, tu te plains? Pourtant, tu n’as encore rien
vu. De grands châtiments viennent. Les créatures sont devenues
insup-portables. Sous les châtiments, elles se rebellent davantage
plutôt que de reconnaî-tre que c’est ma main qui frappe! Il
ne me reste pas d’autre recours que de les exterminer. Ainsi, je pourrai
enlever toutes ces vies qui infestent la terre et tuent les générations
montantes. N’attends donc pas la fin des maux, mais plutôt d’autres
encore pires. Il n’y aura aucune partie de la terre qui ne sera inondée
de sang.»
À ces mots, j’ai senti mon coeur se briser. Pour me consoler,
Jésus me dit: «Ma fille, viens dans ma Volonté pour
faire ce que je fais; tu pourras y agir pour le bien de toutes les créatures.
Par la puissance de ma Volonté, tu pourras les secourir à
partir du sang dans lequel elles nagent et me les ramener, lavées
dans leur propre sang.» Je lui répliquai: «Ma Vie, je
suis si mauvaise, comment puis-je faire cela?»
Il poursuivit: «Tu dois savoir que l’acte le plus sublime et
le plus héroïque qu’une âme puisse accomplir est de vivre
et d’agir dans ma Volonté. Quand une âme décide de
vivre dans ma Volonté, nos deux volontés se fondent en une
seule. Si l’âme est tachée, je la purifie; si les épines
de la nature humaine l’entourent, je les détruis; si les clous du
péché la transpercent, je les pulvérise. Rien de mauvais
ne peut entrer dans ma Volonté. Tous mes attributs investissent
l’âme et changent sa faiblesse en force, son ignorance en sagesse,
sa misère en richesse, etc. Chez les autres âmes, il y a toujours
quelque chose qui reste de soi, mais je remplis entière-ment de
moi cette âme toute dépouillée d’elle-même.»
6 août 1917
L’âme qui vit dans la Divine Volonté est heureuse,
même au milieu des plus grandes tempêtes.
Pendant que j’étais dans mon état habituel, mon toujours
aimable Jésus vint. Comme j’étais très affligée
à cause de la menace continuelle de grands châtiments et aussi
à cause de la privation de sa présence, il me dit:
«Ma fille, courage, ne perds pas coeur! Ma Volonté rend
l’âme heureuse même au milieu des plus grandes tempêtes.
L’âme atteint de telles hauteurs que les tempê-tes ne peuvent
la toucher, même si elle les voit et les entend. L’endroit où
elle vit n’est pas sujet aux tempêtes, mais il est toujours serein.
Le soleil sourit à cette âme car son origine est dans le Ciel,
sa noblesse divine et sa sainteté en Dieu; elle est gar-dée
par Dieu lui-même. Jaloux de la sainteté de cette âme,
Dieu la garde dans les profondeurs de son Coeur et lui dit: “Personne ne
te touchera, excepté moi, parce que ma Volonté est intangible
et sacrée. Tous doivent honorer ma Volonté.”»
14 août 1917
Sur la terre, Jésus vivait totalement abandonné à
la Volonté de son Père. La différence entre vivre
résigné à la Divine Volonté et
vivre dans la Divine Volonté.
Alors que j’étais dans mon état habituel, mon doux Jésus
vint et me dit: «Ma fille, sur la terre, je n’ai fait que me livrer
à la Volonté du Père. Ainsi, si je pensais, je pensais
avec l’Esprit du Père; si je parlais, je parlais avec la bouche
du Père; si je tra-vaillais, je travaillais avec les mains du Père;
même ma respiration se faisait en lui. Tout ce que je faisais était
selon qu’il le voulait, de telle sorte que je peux dire que toute ma vie
se déroulait en lui. Complètement immergé dans sa
Volonté, je ne fai-sais rien par moi-même. Ma seule pensée
était sa Volonté. Je ne faisais pas attention à moi-même.
Les offenses qu’on me faisait n’interrompaient pas ma course, mais je volais
toujours vers mon Centre. Ma vie terrestre prit fin quand j’eus accompli
la Volonté du Père en toute chose.
«Ainsi, ma fille, si tu t’abandonnes à ma Volonté,
tu n’auras plus aucune autre pensée que les miennes. Même
la privation de moi, qui te tourmente tant, trouvera le soutien et les
baisers cachés de ma vie en toi. Dans tes battements de coeur, tu
ressentiras les miens, enflammés et affligés. Si tu ne me
vois pas, tu me sentiras; mes bras t’embrasseront. Combien de fois ne ressens-tu
pas mon mouvement et mon souffle rafraîchir ton coeur?
«Et quand, alors que tu ne me vois pas, tu veux savoir qui te
tient de si près et souffle sur toi, je te souris, je te donne le
baiser de ma Volonté et je me cache en toi pour te surprendre de
nouveau et te faire avancer d’un autre pas dans ma Volonté. Ainsi,
ne me chagrine pas en t’affligeant, mais laisse-moi agir. Puisse l’envol
de ma Volonté ne jamais cesser en toi; autrement, tu obstrueras
ma vie en toi. Si je ne ren-contre aucun obstacle, je fais croître
ma vie en toi et je la développe comme je veux.»
Ceci dit, par obéissance, je dois dire quelques mots sur la
différence entre vivre résigné à la Divine
Volonté et vivre dans la Divine Volonté.
Selon ma pauvre opinion, vivre résigné à la Divine
Volonté, c’est se résigner en tout à la Volonté
de Dieu, autant dans la prospérité que dans l’adversité,
voyant en toute chose le règne de Dieu sur sa Création, suivant
lequel pas même un che-veu ne peut tomber de notre tête sans
la permission du Créateur.
L’âme se comporte comme un bon fils qui va où son père
veut qu’il aille et qui souffre ce que son père veut qu’il souffre.
Être riche ou pauvre lui est indifférent. Il est content de
ne faire que ce que veut son père. S’il reçoit l’ordre d’aller
quelque part pour s’occuper d’une affaire, il y va simplement parce que
son père le veut. Cependant, ce faisant, il se rafraîchit,
s’arrête pour se reposer, manger, échanger avec d’autres personnes,
etc. Ainsi, il se sert beaucoup de sa propre volonté, sans oublier
cependant qu’il va là parce que c’est ainsi que son père
le veut. En beau-coup de choses, il trouve l’occasion de faire sa propre
volonté. Ainsi, il peut être des jours et des mois loin de
son père sans que la volonté de son père lui soit
spécifiée en toutes choses.
Ainsi, pour celui qui ne vit que résigné à la
Divine Volonté, il est presqu’impos-sible qu’il ne fasse pas intervenir
sa propre volonté. Il est un bon fils, mais il ne par-tage pas en
tout les pensées, les paroles et la vie de son Père céleste.
Pendant qu’il va, revient et parle à d’autres personnes, son amour
est intermittent. Sa volonté n’est pas en communication continuelle
avec celle du Père et, ainsi, il entretient l’habitude de faire
sa propre volonté. Néanmoins, je crois que c’est là
le premier pas vers la sainteté.
Pour parler maintenant de ce qu’est vivre dans la Divine Volonté,
je vou-drais que la main de mon Jésus guide la mienne. Seulement
lui peut dire toute la beauté et la sainteté de la vie dans
la Divine Volonté! Pour ma part, je me sens inca-pable de le faire
et je n’ai pas beaucoup de concepts à l’esprit. Il me manque les
mots. Mon Jésus, verse-toi dans mes paroles et je dirai ce que je
pourrai.
Vivre dans la Divine Volonté signifie ne rien faire par soi-même
parce que, dans la Divine Volonté, l’âme se sent incapable
de quoi que ce soit par elle-même. Elle ne demande aucun ordre et
n’en reçoit pas, parce qu’elle se sent incapable d’aller seule.
Elle dit: «Si tu veux que je fasse quelque chose, faisons-le ensemble
comme une seule personne; si tu veux que j’aille quelque part, allons-y
ensemble comme une seule personne.»
Ainsi, l’âme fait tout ce que le Père fait. Si le Père
pense, elle fait siennes ses pensées; elle n’a aucune autre pensée
que les siennes. Si le Père regarde, parle, tra-vaille, marche,
souffre ou aime, elle regarde ce que le Père regarde, répète
les paro-les du Père, travaille avec les mains du Père, marche
avec les pieds du Père, souffre les mêmes souffrances que
le Père et aime ce qu’aime le Père. Elle ne vit pas à
l’extérieur mais à l’intérieur du Père et,
ainsi, elle est une parfaite réplique de lui, ce qui n’est pas le
cas pour celui qui vit seulement résigné. Il est impossible
de trouver cette âme sans le Père ou le Père sans cette
âme. Et cela n’est pas qu’extérieur: tout son intérieur
est entrelacé avec l’intérieur du Père, transformé
en lui. Oh! le vol rapide de cette âme!
La Divine Volonté est immense. Elle circule partout, ordonne
tout et donne vie à tout. L’âme qui s’immerge dans cette immensité,
vole vers tout, revigore tout et aime tout; elle agit et aime comme Jésus,
ce que ne peut faire l’âme qui est seule-ment résignée.
Pour l’âme qui vit dans la Divine Volonté, il est impossible
de faire quoi que ce soit par elle-même. Ses travaux humains, même
saints, lui donnent la nausée parce que les choses de la Divine
Volonté, même les plus petites, ont un aspect différent.
Elle acquiert une noblesse divine, une splendeur divine et une sainteté
divine, éga-lement une puissance divine et une beauté divine.
Ces qualités divines se multi-plient indéfiniment en elle
et, en un instant, elle fait tout. Après avoir tout fait, elle dit:
«Je n’ai rien fait, c’est Jésus qui a tout fait, et c’est
là mon bonheur. Jésus m’a fait l’honneur de me recevoir dans
sa Volonté, ce qui me permet de faire ce qu’il a fait.»
L’ennemi est incapable de troubler cette âme, qu’elle ait fait
son travail bien ou pauvrement, qu’elle ait fait peu ou beaucoup, parce
que tout a été fait par Jésus et elle ensemble. Elle
est paisible, non sujette à l’anxiété. Elle n’aime
pas une personne en particulier mais elle les aime toutes, divinement.
On peut dire qu’elle répète la vie de Jésus, qu’elle
est sa voix, les battements de son Coeur, la mer de ses grâces. En
cela seulement, je crois, consiste la vraie sainteté.
Pour qui vit dans la Divine Volonté, les vertus sont d’ordre
divin. Dans le cas contraire, elles sont d’ordre humain, sujettes à
l’estime de soi, à la vanité et aux pas-sions. Oh! combien
d’âmes faisant de bonnes actions et recevant les sacrements pleurent
parce que, n’étant pas investies de la Divine Volonté, elles
ne produisent pas de fruits! Oh! si tous comprenaient ce qu’est la vraie
sainteté, comme tout chan-gerait!
Beaucoup sont sur une fausse voie de sainteté. Beaucoup la mettent
dans les pratiques pieuses — et malheur à qui voudrait les faire
changer. Ces âmes se leur-rent. Si leur volonté n’est pas
unie à celle de Jésus et transformée en lui, alors,
avec toutes leurs pieuses pratiques, leur sainteté est fausse. Avec
une grande facilité, elles passent des pratiques pieuses aux défauts,
aux diversions, à la discorde, etc. Oh! comme est disgracieuse cette
fausse sainteté!
D’autres âmes mettent leur sainteté à se rendre
souvent à l’église et à assister à tous les
offices, mais leur volonté est loin de celle de Jésus; ces
âmes se préoccupent peu de leurs propres devoirs. Si elles
sont empêchées d’aller à l’église, elles sont
fâchées et leur sainteté s’évapore. Elles se
plaignent, désobéissent et sont encom-brantes dans leur famille.
Oh! quelle fausse sainteté!
D’autres âmes mettent leur sainteté à se confesser
souvent, à se faire diriger spirituellement dans les menus détails
et à se faire des scrupules sur tout. Elles ne se font cependant
aucun scrupule que leur volonté ne soit pas fondue avec celle de
Jésus. Malheur à qui les contredit! Elles sont comme des
ballons gonflés qui, quand un petit trou leur est fait, se dégonflent.
Ainsi, sous la contradiction, leur sainteté s’évapore. Elles
se plaignent d’être facilement tristes. Elles vivent toujours dans
le doute et aiment avoir un directeur spirituel juste pour elles, pour
les aviser en toutes choses, les réconcilier et les consoler; néanmoins,
elles demeurent toujours agitées. Pauvre sainteté que celle-là,
comme elle est falsifiée!
J’aimerais avoir les larmes de mon Jésus pour pleurer avec lui
sur ces fausses saintetés et faire connaître à tous
comment la vraie sainteté consiste à vivre dans la Divine
Volonté. Cette sainteté a des racines tellement profondes
qu’il n’y a aucun danger qu’elle vacille. L’âme qui a cette sainteté
est ferme, non sujette aux incons-tances et aux défauts volontaires.
Elle est attentive à ses devoirs. Elle est sacrifiée et détachée
de tout et de tous, même des directeurs spirituels. Elle grandit
au point que ses fleurs et ses fruits atteignent le Ciel! Elle est si cachée
en Dieu que la terre ne voit que peu ou rien d’elle. La Divine Volonté
l’a absorbée. Jésus est sa vie, l’artisan de son âme
et son modèle. Elle n’a rien en propre, tout étant en commun
avec Jésus. Sa passion et son trait caractéristique est la
Divine Volonté.
Par contre, le “ballon” de la fausse sainteté est sujet à
des inconstances conti-nuelles. L’âme semble voler à une certaine
hauteur, tant et si bien que plusieurs personnes, y compris des directeurs
spirituels, sont en admiration devant elle. Mais ils sont bientôt
désillusionnés parce que, pour dégonfler le ballon,
il suffit d’une humiliation ou d’une préférence du directeur
pour une autre personne. L’âme croit qu’on la vole, se croyant la
plus en besoin. Pendant qu’elle se fait des scrupules pour des bagatelles,
elle en vient à désobéir. La jalousie est la vermine
de cette âme; cette jalousie évente son ballon qui se dégonfle
et tombe par terre. Et si on examine la prétendue sainteté
qui était dans ce ballon, on trouve l’amour-propre, les ressen-timents
et les passions camouflés sous l’aspect du bien. On peut voir que
cette âme était le jouet du démon. Seulement Jésus
connaît tous les maux de cette fausse sain-teté, de cette
vie de dévotions sans fondement, basée sur la fausse piété.
Ces fausses saintetés correspondent à des vies spirituelles
sans fruits qui sont la cause des pleurs de mon aimable Jésus. Ceux
qui les pratiquent sont les grincheux de la société, le chagrin
de leur famille. On peut dire qu’ils dégagent un air impur qui nuit
à tout le monde.
Oh! comme est très différente la sainteté de l’âme
qui vit dans la Divine Volonté! Cette âme est le sourire de
Jésus. Elle est détachée de tous, même de ses
directeurs spirituels. Jésus est tout pour elle. Elle n’est le chagrin
de personne. L’air sain qu’elle dégage embaume tout. Elle inspire
l’ordre et l’harmonie pour tous. Jésus, jaloux de cette âme,
se fait en elle l’acteur et le spectateur en tout. Pas une seule de ses
respirations, une seule de ses pensées ou un seul de ses battements
de coeur qui ne soit régularisé par Jésus. Cette âme
est si absorbée par la Divine Volonté qu’elle en oublie presque
qu’elle vit en exil.
18 septembre 1917
Effets bénéfiques de la constance dans le bien.
Poursuivant dans mon état habituel, je souffrais beaucoup parce
que, m’étant apparue, ma céleste Maman était tout
en pleurs. Je lui ai demandé: «Ma Mère, pourquoi pleures-tu?»
Elle me répondit: «Ma fille, comment pourrais-je ne pas pleu-rer
quand le feu de la divine justice veut tout dévorer? Le feu du péché
dévore tout le bien dans les âmes et le feu de la justice
veut tout dévorer ce qui appartient aux créatures. Voyant
que le feu s’étend, je pleure. Alors, prie, prie!»
Je souffrais aussi à cause de la privation de Jésus.
Il me semblait que, sans lui, je ne pourrais plus tenir longtemps. Ému
de compassion pour ma pauvre âme, mon aimable Jésus vint et
me dit: «Ma fille, patience! La constance dans le bien met tout en
sécurité. Quand tu es privée de ton Jésus et
que tu combats entre la vie et la mort à cause de la douleur que
cela te cause et que, malgré cela, tu demeures cons-tante dans le
bien et ne négliges rien, tu es en plein combat.
«À travers ce combat, l’amour-propre et les satisfactions
naturelles te quittent, ta nature est laissée comme défaite
et ton âme devient pour moi un jus si pur et si doux que je le bois
avec beaucoup de contentement. Ensuite, je me ramollis et je te regarde
tout rempli d’amour et de tendresse, ressentant tes souffrances comme si
elles étaient miennes. Si tu es froide, aride ou autre chose et
que tu demeures cons-tante, combien de renoncements additionnels tu réalises;
tu formes encore plus de jus pour mon Coeur passionné.
«Il en est comme pour un fruit qui a une pelure épineuse
et dure, mais qui con-tient à l’intérieur une substance douce
et utile. Si la personne est constante à enle-ver les épines,
alors, en pressant le fruit, elle en savoure toute la substance. Le pauvre
fruit est ainsi vidé de son contenu et sa pelure épineuse
jetée. Pareillement, à travers la froideur et l’aridité,
l’âme rejette les satisfactions naturelles et se vide d’elle-même
dans la constance. Elle reste avec le fruit pur et doux du bien dont je
me délecte. Si tu es constante, tout contribuera à ton bien
et je te donnerai ma grâce en abondance.»
28 septembre 1917
Les actions faites dans la Divine Volonté sont des soleils illuminant
tout et mettant en sécurité ceux qui ont un minimum de bonne
volonté.
Poursuivant dans mon état habituel, mon doux Jésus me
dit: «Ma fille, les ténè-bres sont épaisses
et les créatures tombent de plus en plus. Dans ces ténèbres,
elles creusent le précipice où elles périront. L’esprit
de l’homme est demeuré aveugle; il n’a plus de lumière pour
voir le bien, il ne voit que le mal. Ce mal l’inondera et le fera périr.
Là où il pense trouver la sécurité, il trouvera
la mort. Hélas! ma fille, hélas!»
Il ajouta: «Les actions faites dans ma Volonté sont comme
des soleils illuminant tout. Tant que les actions de la créature
demeurent dans ma Volonté, de nouveaux soleils brillent sur les
esprits aveugles et les âmes qui ont un minimum de bonne volonté
trouvent la lumière pour échapper au précipice. Toutes
les autres périront. En ces temps de ténèbres si épaisses,
quel bien font les créatures vivant dans ma Volonté! Les
âmes qui survivront, le feront seulement à cause de ces créatures.»
Puis, il partit. Plus tard, il revint et ajouta: «Je peux dire
que l’âme qui vit dans ma Volonté est ma monture. Chez elle,
je tiens les rênes de tout: celles de son esprit, de ses affections
et de ses désirs; je ne laisse rien sous son pouvoir. Je m’assois
sur son coeur pour être plus confortable; ma domination est complète
et je fais ce que je veux. Je fais courir ma monture à un moment
et voler à un autre; elle me conduit au Ciel à un moment
et je fais le tour de la terre à un autre; je m’arrête à
un autre moment. Oh! comme je suis glorieux et victorieux; je gouverne
et règne!
«Mais si l’âme ne fait pas ma Volonté et vit dans
sa volonté humaine, ma mon-ture est ruinée. L’âme prend
les rênes et je reste sans domination comme un pauvre roi jeté
hors de son royaume. L’ennemi prend ma place et les rênes restent
à la merci de ses passions.»
4 octobre 1917
Les souffrances et le Sang de Jésus poursuivent
l’homme pour le guérir et le sauver.
Ce matin, mon toujours aimable Jésus me transporta hors de mon
corps. Il était dans mes bras, sa face tout près de la mienne.
Avec grande douceur, il me baisa, comme s’il ne voulait pas que je m’en
aperçoive. Comme il répétait ses bai-sers, je ne pus
m’empêcher de lui rendre la pareille. Pendant que je le faisais,
la pensée me vint de baiser ses très saintes lèvres
dans le but de lui enlever son amer-tume; qui sait s’il ne m’accorderait
pas cela! Je le lui ai demandé, j’ai essayé, j’ai mendié
qu’il verse en moi son amertume, j’ai sucé avec plus de force, mais
rien. On aurait dit qu’il souffrait des efforts que je faisais.
Ayant essayé une troisième fois, j’ai ressenti sa respiration
très amère venir en moi et j’ai vu une chose dure obstruant
sa gorge, empêchant son amertume de sor-tir pour se verser en moi.
Très affligé et presque en pleurant, mon Jésus me
dit: «Ma fille, ma fille, résigne-toi! Ne vois-tu pas l’accablement
dans lequel l’homme m’a plongé par le péché, au point
que cela m’empêche de faire participer à mon amer-tume celle
qui m’aime? Ne te souviens-tu pas que je t’ai dit: “Laisse-moi faire cela;
autrement, l’homme atteindra un tel point dans le mal qu’il épuisera
le mal lui- même.” Mais tu ne voulais pas que je le frappe.
«L’homme empire toujours; il a accumulé en lui tant de
pus que pas même la guerre ne fut capable de l’en départir.
La guerre ne l’a pas arrêté; plutôt, elle l’a rendu
plus osé. Les révolutions le rendront furieux, la misère
le rendra désespéré et il tombera dans les bras du
crime. Tout cela servira d’une manière ou d’une autre à le
dégager de sa pourriture. Ensuite, ma bonté le frappera,
non indirectement à tra-vers les créatures, mais directement
du Ciel. Ces châtiments seront pour lui comme une rosée bienfaisante
qui le tueront. Touché par ma main, il se rendra compte de son état,
se réveillera du sommeil du péché et reconnaîtra
son Créateur. Ma fille, prie pour que tout tourne pour le bien de
l’homme.» Jésus resta avec son amer-tume et j’étais
affligée parce que j’étais incapable de le soulager. J’ai
uniquement senti sa respiration, après quoi je me suis retrouvée
dans mon corps.
Cependant, je me sentais inquiète; les paroles de Jésus
me tourmentaient; je voyais dans mon esprit le terrible futur. Pour me
calmer et me distraire, Jésus revint et me dit: «Que d’Amour,
que d’Amour! Pendant que je souffrais, je disais: “Ma souffrance, cours,
va à la recherche de l’homme! Aide-le et sois sa force dans ses
souffrances.” Pendant que je répandais mon Sang, je disais à
chaque goutte: “Cours, cours, sauve l’homme pour moi! S’il est mort, donne-lui
la vie, mais une vie divine. S’il fuit, cours après lui, entoure-le,
confonds-le avec mon Amour jusqu’à ce qu’il se rende.” Pendant la
flagellation, alors que se formaient les Plaies de mon corps, je répétais:
“Mes Plaies, ne restez pas avec moi, mais cherchez l’homme. Si vous le
trouvez blessé par le péché, placez-vous comme un
pansement pour le guérir.”
«Ainsi, avec tout ce que j’ai dit et fait, j’ai entouré
l’homme pour le sauver. Toi aussi, par amour pour moi, ne garde rien pour
toi mais fais tout courir vers l’homme pour le sauver. Et je te regarderai
comme un autre moi-même.»
8 octobre 1917
La Rédemption se poursuit sur la terre à travers ceux
qui aiment Jésus; ces personnes servent d’humanité à
Jésus.
Pendant que j’étais dans mon état habituel et que je
souffrais beaucoup, mon aimable Jésus vint et me dit: «Ma
fille, tout ce que j’ai fait est éternel. Mon Humanité n’a
pas souffert que pendant un temps, mais sa souffrance se prolonge jusqu’à
la fin du monde. Comme mon Humanité au Ciel ne peut pas souffrir,
je me sers de l’humanité des créatures, les faisant participer
à mes souffrances et prolongeant ainsi mon Humanité sur la
terre. Et cela, je le fais avec justice car, lorsque j’étais sur
la terre, j’incorporais en moi-même les humanités de toutes
les créatures dans le but de les garder en sécurité
et de tout faire pour elles.
«Maintenant que je suis au Ciel, je diffuse dans les créatures
mon Humanité, mes souffrances et tout ce que mon Humanité
a fait pour le bien des âmes égarées. Je le fais spécialement
dans les âmes qui m’aiment afin de pouvoir dire au Père: “Mon
Humanité est au Ciel et aussi sur la terre, dans les âmes
qui m’aiment et qui souffrent. Ainsi, à cause des âmes qui
m’aiment et qui se substituent à moi, ma satis-faction est complète,
mes souffrances sont toujours actives.” Console-toi donc quand tu souffres,
parce que tu reçois l’honneur de te substituer à moi.»
20 octobre 1917
L’âme peut se faire hostie pour Jésus.
Ayant reçu mon Jésus dans la sainte communion, je pensais:
«Comment puis-je lui donner amour pour Amour, puisqu’il n’est pas
en mon pouvoir de me rapetisser comme lui le fait dans l’hostie par amour
pour moi?» Alors, mon bien-aimé Jésus me dit:
«Ma fille, si tu ne peux pas te réduire par amour pour
moi sous la forme d’une petite hostie, tu peux très bien te réduire
complètement dans ma Volonté, te faisant ainsi hostie dans
ma Volonté. À chaque action que tu feras dans ma Volonté,
tu seras une hostie pour moi et je me nourrirai de toi comme tu te nourris
de moi. Qu’est-ce que l’hostie? N’est-elle pas ma vie? Et qu’est-ce que
ma Volonté? N’est- elle pas la totalité de ma vie? Tu peux
faire de toi une hostie par amour pour moi. Autant tu fais d’actions dans
ma Volonté, autant tu peux former d’hosties pour me donner amour
pour Amour.»
23 octobre 1917
Le premier geste que fit Jésus quand il se
communia en instituant l’Eucharistie.
Ce matin, après avoir reçu Jésus béni,
je lui ai dit: «Jésus, ma Vie, dis-moi quel fut ton premier
geste après t’être reçu toi-même en instituant
l’Eucharistie?»
Il me répondit: «Ma fille, mon premier geste fut de multiplier
ma vie en autant de vies qu’il existera de vies humaines sur la terre.
Ainsi, chacun aura ma vie pour lui seul, une vie qui, sans cesse, prie,
remercie, satisfait et aime. Cela, au même titre que j’ai multiplié
mes souffrances pour chaque âme, comme si j’avais souffert pour elle
seule! À ce moment suprême de me recevoir sous la forme sacramentelle,
je me suis donné à chacun pour souffrir ma Passion dans chaque
coeur afin de le con-quérir à force de souffrance et d’Amour.
En donnant totalement ma Divinité, j’ai pris possession de tous.
«Hélas! mon Amour fut désappointé par beaucoup
et j’attends avec anxiété des âmes aimantes qui, en
me recevant, s’uniront à moi pour se multiplier en tous et vouloir
tout ce que je veux. Je recevrai de ces âmes ce que les autres ne
me don-nent pas et j’aurai le contentement d’avoir des âmes conformes
à mes désirs et à ma Volonté. Ainsi, ma fille,
quand tu me reçois, fais ce que j’ai fait et j’aurai le contente-ment
qu’il y a au moins une âme qui veut la même chose que moi.»
Pendant qu’il disait cela, il avait l’air très affligé.
Je lui dis: «Jésus, qu’est-ce qui t’afflige tant?» Il
me répondit: «Ah! quelles inondations il y aura! quels maux,
quels maux! L’Italie se dirige vers de bien tristes moments. Viens plus
près de moi et prie pour que les maux ne soient pas pires.»
Je repris: «Ah! mon Jésus! Que deviendra mon pays? Tu ne m’aimes
donc plus comme avant en n’épargnant pas les autres par amour pour
moi? Presque en sanglotant, il me répondit: «Non, je t’aime
beau-coup.»
2 novembre 1917
Plaintes de Jésus. Menaces de châtiments pour l’Italie.
Je poursuivais dans les privations, les souffrances et l’amertume à
cause de tant de maux dont j’entendais parler, en particulier l’entrée
d’étrangers en Italie. Je priais mon bon Jésus d’arrêter
les ennemis et je lui ai dit: «Est-ce cela l’inondation dont tu m’as
parlé il y a quelques jours?”
Le bon Jésus me dit: «Ma fille, c’est l’inondation dont
je t’ai parlé et elle se poursuivra; les étrangers continueront
d’envahir l’Italie. Cela n’est-il pas bien mérité? J’avais
choisi l’Italie comme seconde Jérusalem. Cependant, elle a ignoré
mes lois et refusé de me rendre ce qui m’est dû. Ah! je peux
dire qu’elle ne se con-duit pas à la manière des humains,
mais à la manière des bêtes! Même sous le pesant
fléau de la guerre, je ne suis pas reconnu et elle veut continuer
de se com-porter comme mon ennemi. C’est justice qu’elle ait subi la défaite;
je continuerai à l’humilier jusque dans la poussière.»
Je l’interrompis en disant: «Jésus, que dis-tu de ma patrie?
Ma pauvre patrie, comme tu seras lacérée! Jésus, aie
pitié, arrête ce flot d’étrangers!» Il poursuivit:
«Ma fille, à mon grand chagrin, je dois permettre l’avance
des étrangers. Toi, parce que tu n’aimes pas les âmes comme
moi, tu voudrais la victoire. Si l’Italie gagnait, ce serait la ruine des
âmes. Son orgueil arriverait à un tel degré qu’il anéantirait
le peu de bien qui reste dans la nation. Elle serait montrée comme
une nation qui peut se passer de Dieu.
«Ah! ma fille, les fléaux continueront, des villes seront
dévastées! Je vais les pri-ver de tout. Les pauvres et les
riches seront sur le même pied. Ils n’ont pas voulu reconnaître
mes lois. Tous se sont fait un dieu de la terre. En les dépouillant,
je leur montrerai ce qu’est la terre. Je purifierai cette terre par le
feu, car la puanteur qu’elle émet m’est intolérable. Beaucoup
seront brûlés par le feu et, ainsi, je ramè-nerai votre
terre à ses sens. Cela est nécessaire; le salut des âmes
le requiert. Je t’ai parlé de ces fléaux depuis longtemps.
Le temps est arrivé, mais pas complètement. D’autres maux
viendront; je ramènerai la terre à ses sens, je la ramènerai
à ses sens!»
Je lui dis: «Mon Jésus, apaise-toi. Assez pour maintenant!»
Il reprit: «Ah! non! Toi, prie et je rendrai l’ennemi moins cruel.»
20 novembre 1917
La raison des châtiments. Jésus fera réapparaître
la
sainteté dans la Divine Volonté.
Je poursuivais dans mon état de souffrances et mon aimable Jésus
venait et s’envolait immédiatement à la vitesse de l’éclair,
ne me laissant pas même le temps de le supplier pour les maux qu’endure
la pauvre humanité, spécialement ma chère terre natale.
Quel coup pour mon coeur que cette invasion d’étrangers chez nous!
Jésus me l’avait pourtant dit auparavant pour me faire prier. Mais,
quand je le prie, il me dit: «Je serai inexorable.»
Cette fois, j’insistai en disant: «Jésus, ne veux-tu pas
avoir pitié? Ne vois-tu pas que les villes sont détruites
et que les gens sont nus et affamés? Ô Jésus, comme
tu es devenu dur!» Il me répondit: «Ma fille, les villes
et les grandeurs de la terre ne comptent pas pour moi; ce sont les âmes
qui comptent pour moi. Après avoir été détruites,
les villes, les églises et les autres choses peuvent être
reconstruites. Au déluge, n’ai-je pas tout détruit? Tout
n’a-t-il pas été reconstruit par la suite? Mais les âmes,
si elles sont perdues, c’est pour toujours; personne ne peut me les redonner;
je pleure sur elles. On a renoncé au Ciel pour ne s’attacher qu’à
la terre: je détruirai la terre. Je ferai disparaître ses
plus belles choses qui, comme des pièges, capturent l’homme.»
Je lui dis: «Jésus, que dis-tu?» Il me rétorqua:
«Courage! Ne te déprime pas! Je vais procéder. Et toi,
viens dans ma Volonté et vis en elle; que la terre ne soit plus
ta demeure mais uniquement moi; ainsi, tu seras totalement en sécurité.
Ma Volonté a le pouvoir de rendre l’âme transparente et, quand
elle l’est, tout ce que je fais rayonne en elle. Si je pense, ma pensée
rayonne en son esprit et y devient lumière et, en tant que lumière,
sa pensée rayonne en la mienne. Si je regarde, parle, aime, etc.
comme autant de lumières, ces actes rayonnent en l’âme et,
de là, en moi. Ainsi, nous nous illuminons l’un l’autre continuellement,
nous sommes en perpé-tuelle communication d’amour réciproque.
«De plus, comme je suis partout, le rayonnement des âmes
vivant dans ma Volonté m’atteint au Ciel, sur la terre, dans l’hostie
sacramentelle et dans le coeur des créatures. Partout et toujours,
je leur donne ma lumière et elles me retournent cette lumière;
je leur donne de l’amour et elles me donnent de l’amour. Elles sont mes
demeures terrestres où je me réfugie pour échapper
à la nausée que me don-nent les autres créatures.
«Oh! comme il est beau de vivre dans ma Volonté! Cela
me plaît tellement que, dans les générations futures,
je ferai disparaître toutes les autres formes de sain-teté,
quelles que soient leurs vertus. Je provoquerai la sainteté dans
ma Volonté qui n’est pas une sainteté humaine, mais une sainteté
divine. Cette sainteté sera si haute que, comme des soleils, les
âmes qui la vivront éclipseront les étoiles qu’étaient
les saints des générations passées. C’est pourquoi
je veux purifier la terre: elle est indi-gne de ces prodiges.»
27 novembre 1917
La sainteté dans la Divine Volonté est exempte
d’intérêts personnels et de pertes de temps.
Je poursuis ces écrits par obéissance. Il me semble que
lorsque Jésus me parle de sa très sainte Volonté,
il oublie tout le reste et me fait aussi oublier tout le reste: l’âme
ne trouve rien de nécessaire, si ce n’est de vivre dans la Divine
Volonté.
Mécontent de moi par rapport à ce que j’ai écrit
sur sa Volonté ces vingt der-niers jours, Jésus me dit: «Ma
fille, tu n’as pas tout dit. Je veux que tu écrives tout ce que
je te dis concernant ma Volonté, même les plus petites choses.
Elles serviront aux générations futures.
«Chaque forme de sainteté a commencé avec des saints
qui en furent les initia-teurs. Ainsi, un saint a été l’initiateur
de la sainteté des pénitents, un autre de la sain-teté
de l’obéissance, un autre de la sainteté de l’humilité,
et ainsi de suite. Quant à toi, je veux que tu sois l’initiatrice
de la sainteté dans ma Volonté. Ma fille, toutes les autres
formes de sainteté ne sont pas exemptes de la recherche d’intérêts
person-nels ou de pertes de temps. Par exemple, pour les âmes qui
vivent complètement attentives à l’obéissance, il
y a beaucoup de pertes de temps; en parlant sans cesse, elles se distraient
de moi et mettent les vertus à ma place; elles n’ont de repos que
lorsqu’elles reçoivent des ordres. D’autres âmes s’arrêtent
beaucoup aux tentations. Oh! combien de temps elles perdent! Elles ne se
fatiguent jamais de raconter toutes leurs épreuves, mettant ainsi
les vertus à ma place. Ces diverses formes de sainteté se
brisent souvent en morceaux.
«La sainteté dans ma Volonté, par contre, est exempte
de la recherche d’inté-rêts personnels et de pertes de temps.
Il n’y a aucun danger que l’âme qui vit cette sainteté m’échange
pour les vertus. La sainteté dans la Divine Volonté fut celle
de mon Humanité sur la terre; j’ai tout fait pour chacun sans la
moindre ombre d’inté-rêt personnel. L’intérêt
personnel efface l’empreinte de la sainteté divine. L’âme
qui cherche son intérêt personnel ne peut être un soleil;
au mieux, elle sera une étoile. En ces temps si tristes, les créatures
ont besoin de ces soleils qui les réchauffent, les illuminent et
les fécondent. La générosité de ces anges terrestres,
qui font tout pour le bien des autres sans aucune ombre d’intérêt
personnel, ouvre dans les coeurs les chemins de ma grâce.
«Les églises sont peu nombreuses et, cependant, beaucoup
seront détruites. Souvent, je ne trouve pas de prêtres pour
me consacrer sous la forme eucharisti-que. Certains permettent que des
âmes indignes me reçoivent. Certaines âmes ne se donnent
pas la peine de me recevoir et d’autres ne le peuvent pas. Ainsi, mon Amour
est entravé. Voilà pourquoi je veux la sainteté dans
ma Volonté. Pour les âmes qui la vivront, je n’aurai pas besoin
de prêtres pour me consacrer, ni d’églises, ni de tabernacles,
ni d’hosties, parce que ces âmes seront tout ensemble prêtres,
tabernacles et hosties.[2] Mon amour sera plus libre. Quand je voudrai
me consacrer, je pourrai le faire à tout moment, jour et nuit, et
partout où ces âmes se trouveront. Oh! comme mon Amour trouvera
son complet déversement!
«Ah! ma fille, la génération présente mérite
d’être complètement détruite! Si je permets à
quelques personnes de rester, ce sera pour former ces soleils de sainteté
dans ma Volonté qui feront pour moi tout ce que les autres créatures,
passées, pré-sentes et futures, me doivent. Alors, la terre
me donnera une vraie gloire et mon “Fiat Voluntas tua” sur la terre comme
au Ciel connaîtra son total accomplisse-ment.»
6 décembre 1917
Jésus n’aime vraiment que les actes accomplis dans sa Volonté.
Après avoir reçu Jésus dans le Saint Sacrement,
je lui ai dit: «Je te baise du bai-ser de ta Volonté. Tu n’es
pas content si je te donne seulement mon baiser, mais tu veux aussi le
baiser de toutes les créatures. Ainsi, je te donne le baiser de
ta Volonté parce que là se trouvent toutes les créatures.
Sur les ailes de ta Volonté, je prends toutes les bouches des créatures
et je te donne le baiser de toutes. Je te baise, non pas avec mon amour,
mais avec ton propre Amour. Ainsi, tu sentiras le contente-ment, la douceur
et la gentillesse de ton propre Amour sur les lèvres de toutes les
créatures et tu seras forcé de donner ton baiser à
chacune.» Qui pourrait raconter toutes les autres idioties que j’ai
ainsi dites à mon aimable Jésus?
Il me dit: «Ma fille, comme il m’est doux de voir et de ressentir
une âme dans ma Volonté! Sans qu’elle s’en aperçoive,
elle se place au niveau de mes actions et de mes prières telles
que je les faisais quand j’étais sur la terre. Elle se met presque
à mon niveau. Dans mes plus petites actions, je portais toutes les
créatures passées, présentes et futures, de manière
à présenter au Père des actes complets au nom de toutes.
Pas une seule respiration des créatures ne m’échappait. Autrement,
le Père aurait trouvé des exceptions et n’aurait pas reconnu
toutes les créatures ou tous leurs actes. Il aurait pu me dire:
“Tu n’as pas tout fait pour chaque créature, ton tra-vail n’est
pas complet. Je ne peux reconnaître toutes les créatures parce
que tu ne les as pas toutes incorporées à toi et je ne veux
reconnaître que ce que tu as fait.” Ainsi, dans l’immensité
de ma Volonté, de mon Amour et de ma Puissance, j’ai tout fait pour
chaque créature.
«Les actions qui ne sont pas faites dans ma Volonté ne
peuvent me plaire, si belles soient-elles; elles sont basses, humaines
et limitées. Par contre, les actions fai-tes dans ma Volonté
sont nobles, divines et infinies, comme ma Volonté. Elles sont similaires
aux miennes et je les revêts de la même valeur, du même
Amour et de la même puissance. Je les multiplie en tous et les étends
à toutes les générations. Que m’importe qu’elles soient
petites; ce sont mes actions qui sont répétées et
cela suffit.
«L’âme se place alors dans son vrai néant, non pas
en attitude d’humilité où elle ressent toujours quelque chose
d’elle-même mais, en tant que rien, elle entre dans le Tout que je
suis et travaille avec moi, en moi et comme moi. Complètement dépouillée
d’elle-même, elle ne s’arrête ni à ses mérites
ni à son intérêt personnel. Plutôt, toute attentive
à me rendre heureux, elle me donne une domination absolue sur toutes
ses actions, sans chercher à savoir ce que j’en fais. Une seule
pensée l’occupe: vivre dans ma Volonté, me suppliant de lui
accorder cet honneur.
«C’est pourquoi je l’aime tant. Toutes mes prédilections
et tout mon Amour sont pour elle. Et si j’aime les autres, c’est en vertu
de l’Amour que je porte à cette âme; mon Amour pour eux passe
par elle, de la même manière que le Père aime les créatures
en vertu de l’Amour qu’il me porte.»
Je lui dis: «Comme il est vrai que, dans ta Volonté, l’âme
est habitée par l’ardent désir de répéter tes
actions et ne peut désirer rien d’autre! Tout le reste dis-paraît
et elle ne veut rien faire d’autre!» Jésus poursuivit: «Et
je lui fais tout faire et je lui donne tout.»
12 décembre 1917
Les actions faites dans la Divine Volonté ont une
grandeur comparable à celle du soleil.
Poursuivant dans mon état habituel, je me fondais dans la sainte
Volonté de mon doux Jésus. Je priais, aimais et faisais réparation.
Jésus me dit: «Ma fille, vou-drais-tu une comparaison concernant
les actions faites dans ma Volonté? Regarde les cieux. Tu y trouves
le soleil: une boule de lumière qui a ses limites et sa forme. Cependant,
la lumière qui provient de l’intérieur de ses limites remplit
toute la terre et tout l’espace, pas un espace limité, mais partout
où se trouve de la terre, des montagnes et des mers, les investissant
de sa lumière majestueuse et de sa chaleur bienfaisante. Il est
le roi des planètes; il a la suprématie sur toutes les choses
créées.
«Telles sont les actions faites dans ma Volonté, et même
plus. En faisant ses actions par sa propre volonté, la créature
agit de façon pauvre et limitée, mais si elle entre dans
ma Volonté, ses actions prennent des proportions immenses; elles
inves-tissent tout, donnent lumière et chaleur à tout, règnent
sur tout et acquièrent la suprématie sur toutes les actions
des créatures. Ainsi, l’âme gouverne, commande et conquiert.
Quoique petites en soi, les actions faites dans ma Volonté subissent
une incroyable transformation, chose qu’il n’est même pas donnée
aux anges de comprendre. Il n’y a que moi qui puisse mesurer la juste valeur
des actions faites dans ma Volonté. Elles sont le triomphe de ma
gloire, le déversement de mon Amour, le parachèvement de
la Création. Elles me récompensent pour la Création
elle-même. Par conséquent, ma fille, avance toujours plus
avant dans ma Volonté.»
28 décembre 1917
Tout ce que faisait Jésus servait à communiquer la vie
et il en va
ainsi pour celui qui vit dans la Divine Volonté.
Étant dans mon état habituel et souffrant un peu, ma
pensée était la suivante: «Comment se fait-il que je
ne puisse trouver le repos ni le jour ni la nuit? Plus je suis faible et
souffrante, plus mon esprit est éveillé et incapable de se
reposer.»
Mon doux Jésus me dit: «Ma fille, toi, tu ne sais pas
pourquoi, mais je vais te le dire. Mon Humanité n’avait pas de repos.
Même durant mon sommeil, je n’avais aucun répit; j’étais
intensément à l’oeuvre car, ayant à donner la vie
à chaque chose et à chacun, il m’était nécessaire
de travailler sans arrêt. Celui qui doit don-ner la vie doit être
continuellement en action. Si j’avais voulu me reposer, combien de vies
n’auraient pu surgir? Combien, sans mon action continuelle, n’auraient
pu se développer et seraient demeurées atrophiées?
Combien n’auraient pu entrer en moi parce que privées de l’acte
vital de celui qui, seul, peut donner la vie?
«Ma fille, te voulant dans ma Volonté, je te veux en action
continuelle. Ton esprit pleinement éveillé est action, le
murmure de ta prière est action, le mouve-ment de tes mains, les
battements de ton coeur, les clignotements de tes paupières sont
action. Tes gestes peuvent être petits, peu m’importe. Du moment
que tu bou-ges, que tu sèmes, j’unis tes actions aux miennes et
je les fais grandes; je leur donne la vertu de produire des vies.
«Beaucoup de mes actions étaient petites en apparence.
Par exemple, quand j’étais petit, je pleurais, je suçais
le lait de ma Mère, je m’amusais à la baiser, à la
caresser, à entrelacer mes petites mains avec les siennes. Un peu
plus grand, je cueillais des fleurs pour elle, je puisais de l’eau, et
ainsi de suite. C’était des actions petites mais, parce qu’elles
étaient unies à la Volonté de ma Divinité,
elles étaient capables de créer des millions de vies.
«Quand je pleurais, de mes pleurs surgissaient des vies de créatures.
Quand je suçais, baisais, caressais, c’était des vies que
je créais. Dans mes doigts entrelacés avec ceux de ma Mère,
des âmes coulaient. Quand je cueillais des fleurs et que je puisais
de l’eau, des âmes sortaient de mes battements de coeur amoureux.
J’agis-sais continuellement. C’est la raison de tes veilles. Quand je vois
tes veilles et tes actions dans ma Volonté, tantôt placées
à mes côtés, tantôt coulant dans mes mains, dans
ma voix, dans mon Esprit ou dans mon Coeur, je les fais couler pour le
bien et le salut de tous. Je leur donne la vertu de mes propres actions.»
30 décembre 1917
Le chagrin de Jésus à cause de l’affection qu’on lui
vole.
J’étais dans mon état habituel et mon toujours aimable
Jésus se montra très affligé, se plaignant de ceux
qui lui volent l’affection des créatures en prenant sa place dans
les âmes. Je lui dis: «Mon Amour, ce vice est-il laid au point
de tant t’affli-ger?»
Il me répondit: «Ma fille, cela est plus que laid, c’est
terrible! C’est le renverse-ment de l’ordre prévu par le Créateur.
La créature se place au-dessus du Créateur. Cela équivaut
à dire: “Je suis aussi bon que Dieu.” Que dirais-tu de quelqu’un
qui volerait un million de dollars à un autre en le plongeant dans
la pauvreté et le mal-heur?» Je lui répondis: «Il
devrait remettre l’argent volé ou bien être condamné.»
Jésus reprit: «Cependant, quand on me vole l’affection des
créatures, c’est plus que de me voler des millions. L’argent est
matériel et bas alors que l’affection des créa-tures est
spirituelle et grande. L’argent peut être restitué, mais l’affection
des créatu-res ne le peut jamais! C’est un vol irrémédiable.
Même si le feu du purgatoire purifie ce vol, il ne pourra jamais
remplir le vide d’une seule affection qui m’a été volée.
«Cela n’est aucunement pris en considération. Au contraire,
il y a des gens qui vendent leur affection; ils sont contents de trouver
quelqu’un pour l’acheter; ils me volent sans aucun scrupule. Il ont des
scrupules s’ils volent une autre créature, mais me voler moi-même
ne leur cause aucun scrupule. Ah! ma fille, j’ai tout donné aux
créatures en leur disant: “Prenez tout ce que vous voulez, mais
laissez-moi seule-ment votre coeur.” Non seulement elles me refusent leur
coeur, mais elles me volent l’affection des autres. De plus, cela ne vient
pas seulement des personnes séculières, mais aussi d’âmes
pieuses, d’âmes consacrées. Quel mal on me fait par une certaine
direction spirituelle à l’eau de rose, par certaines condescendances,
par tant de sentimentalité, par l’usage de séductions! Au
lieu de faire le bien aux âmes, on les plonge dans un labyrinthe.
«Quand je suis contraint d’entrer sous la forme sacramentelle
dans ces coeurs complaisants, j’aimerais fuir, voyant que leur affection
n’est pas pour moi, que leur coeur n’est pas mien. Et cela, de la part
de qui? De ceux qui devraient conduire les âmes vers moi! Plutôt,
ils ont pris ma place. Je ressens une telle nausée que je n’arrive
pas à m’accommoder de rester dans leur coeur, même si je suis
contraint de le faire jusqu’à ce que les accidents de l’hostie soient
consumés.
«Quel massacre d’âmes! Ce sont les vraies blessures de
mon Église! C’est pour-quoi il y a tant de mes ministres retranchés
de l’Église! Malgré toutes les prières qu’ils me font,
je ne les écoute pas; pour eux, il n’y a pas de grâces et
je leur dis avec mon Coeur chagriné: “Voleurs, partez, quittez mon
sanctuaire parce que je ne peux plus vous tolérer!”»
Effrayée, je lui dis: «Apaise-toi, Jésus. Regarde-nous
comme le fruit de ton Sang et de tes blessures, et change les châtiments
en grâces!» Jésus poursuivit: «Ces châ-timents
se continueront. Je vais humilier l’homme jusque dans la poussière.
Des incidents inattendus continueront d’arriver pour le confondre. Où
il espérera s’échapper, il trouvera un piège; où
il attendra la victoire, il trouvera la défaite; où il s’attendra
à la lumière, il trouvera les ténèbres. Alors,
il dira: “Je suis aveugle et je ne sais plus quoi faire!” L’épée
dévastatrice continuera son travail jusqu’à ce que tout soit
purifié.»
27 janvier 1918
Les choses vont empirer.
Les jours sont très amers pour moi. Le doux Jésus ne
vient presque plus. Quand il vient, il le fait brièvement comme
l’éclair et se laisse voir essuyant ses pleurs; puis, sans dire
pourquoi, il repart. Finalement, après beaucoup de priva-tions,
il me dit: «Ma fille, après avoir eu affaire à moi
si longtemps, n’as-tu pas appris à connaître mes manières
d’agir et la raison de mon absence? Pourtant, je te l’ai dit plusieurs
fois. Comme il est facile pour toi d’oublier! Les choses vont empirer.
C’est tout ce que j’ai à te dire.»
Ensuite, m’étant retrouvée hors de mon corps, j’ai vu
des gens qui disaient que deux ou trois nations seraient rendues incapables
de se défendre et que beaucoup de misère et de ruines s’ensuivraient
parce que d’autres nations allaient les oppres-ser jusqu’à s’emparer
d’elles!
31 janvier 1918
Se fondre en Jésus au point de pouvoir dire:
ce qui appartient à Jésus m’appartient.
Je m’abandonnais complètement à Jésus. Il me dit:
«Ma fille, fonds-toi en moi. Fonds ta prière dans la mienne
pour que nos prières ne fassent qu’une et qu’on ne puisse pas savoir
laquelle est la tienne et laquelle est la mienne. Tes souffrances, tes
actions, ta volonté et ton amour, fonds-les dans mes souffrances,
mes actions, ma Volonté et mon Amour. Fonds-les de telle manière
que tu puisses dire: “ce qui est à Jésus est à moi”
et que je puisse dire: “ce qui est à Luisa est à moi.”
Suppose que tu verses un verre d’eau dans une grande cuve d’eau. Après
coup, pourras-tu discerner l’eau qui provient du verre de celle qui se
trouvait dans la cuve? Certainement pas! Ainsi, pour ton plus grand bien
et mon plus grand con-tentement, répète souvent dans tout
ce que tu fais: “Jésus, je verse cela en toi pour accomplir ta Volonté
plutôt que la mienne.”»
12 février 1918
Raisons pour lesquelles les églises sont désertes
et les ministres dispersés.
Pendant que j’étais dans mon état habituel, mon toujours
aimable Jésus se montra très affligé et je lui dis:
«Mon Amour, qu’est-ce qui t’afflige tant?»
Il me répondit: «Hélas! ma fille, quand je permets
que les églises soient déser-tes, les ministres dispersés
et les messes en diminution, cela signifie que les sacrifices sont des
offenses pour moi, les prières des insultes, les adorations des
irrévérences, les confessions des passe-temps sans fruits.
Ne trouvant plus ma gloire mais plutôt des offenses en retour des
bénédictions que je donne, j’arrête ces dernières.
Ces départs de mes ministres indiquent aussi que les choses ont
atteint leur point culmi-nant. Les châtiments seront multipliés.
Comme l’homme est dur, comme l’homme est dur!»
17 février 1918
La chaleur de la Divine Volonté chasse les imperfections.
Je me sentais un peu distraite pendant que j’essayais de m’immerger
dans la sainte Volonté de Dieu et je demandais pardon à Jésus
pour mes distractions. Il me dit: «Ma fille, par sa chaleur, le soleil
détruit les vapeurs empoisonnées émanant de l’engrais
dispersé sur le sol pour fertiliser les plantes. Autrement, les
plantes pourri-raient et finiraient par sécher.
«Aussitôt que l’âme entre dans ma Volonté,
cette dernière détruit par sa cha-leur les infections que
l’âme a contractées par ses distractions. Par conséquent,
dès que tu remarques en toi la distraction, ne reste pas en toi-même
mais entre tout de suite dans ma Volonté pour que ma chaleur te
purifie et t’empêche de dépérir.»
4 mars 1918
La fermeté dans le bien conduit à l’héroïsme
et à une grande sainteté.
Poursuivant dans mon état habituel, je me plaignais à
Jésus au sujet de mon pauvre état. Il me dit: «Ma fille,
courage! Ne change en rien! La fermeté est la plus grande vertu.
Elle produit l’héroïsme et il est presqu’impossible que celui
qui pos-sède cette vertu ne devienne pas un grand saint. La répétition
des actes vertueux fait naître dans l’âme une fontaine d’amour
nouveau et croissant. La fermeté fortifie l’âme et met sur
elle le sceau de la persévérance finale. Ton Jésus
ne craint pas que ses grâces restent sans effet dans les âmes
fermes; il les lui distribue par torrents.
«On ne peut s’attendre à beaucoup chez l’âme qui
travaille à un moment et ne fait rien ensuite, qui fait une chose
à un moment et une autre au moment d’après. Elle n’a aucun
point d’appui: un jour, elle est jetée d’un côté et,
le jour suivant, de l’autre. Elle mourra de faim parce qu’elle n’a pas
la fermeté qui fait croître l’amour. Ma grâce craint
de se verser dans une telle âme parce qu’elle pourra en abuser ou
s’en servir pour m’offenser.»
16 mars 1918
Vivre dans la Divine Volonté est comme une nourriture
et un vêtement pour Jésus.
Je me sentais grandement dans le besoin et je m’en plaignais à
Jésus. Toute bonté, il vint de mon intérieur vêtu
d’un vêtement garni de diamants resplendis-sants. Il semblait sortir
d’un profond sommeil. Avec beaucoup de tendresse, il me dit:
«Ma fille, que veux-tu? Tes gémissements ont blessé
mon Coeur et je me suis réveillé pour venir immédiatement
m’occuper de tes besoins. Tu dois savoir que j’étais dans ton coeur
et que, pendant que tu faisais tes actions, tes prières et tes réparations,
que tu te versais dans ma Volonté et m’aimais, je prenais tout pour
moi et m’en servais pour me nourrir et décorer mon vêtement
de diamants précieux. Pendant que tu m’aimais, me priais, et ainsi
de suite, je n’ai pas jeûné comme si tu n’avais rien fait.
Je prenais tout puisque tu m’avais donné toute liberté. Quand
l’âme fait ainsi, je ne peux pas me reposer alors qu’elle est dans
le besoin; je me fais tout pour elle. Dis-moi alors ce que tu veux!»
En versant des larmes abondantes, jusqu’à mouiller ses saintes
mains, je lui par-lai de mes besoins extrêmes. Le doux Jésus
me pressa alors sur son Coeur et versa de son Coeur dans le mien une eau
très sucrée qui me rafraîchit complètement.
Il poursuivit: «Ma fille, ne crains pas, je serai tout pour toi.
Si les créatures te font défaut, je ferai tout, je t’attacherai
à moi et je te libérerai; je ne te délaisserai jamais,
tu m’es trop chère. Je t’ai fait grandir dans ma Volonté
et tu es une partie de moi- même. Je te garderai et dirai à
chacun: “Personne d’autre que moi n’y touche.” Aussi, calme-toi, parce
que ton Jésus ne te laisse jamais.»
19 mars 1918
Les dissensions entre les prêtres donnent la nausée à
Jésus.
Poursuivant dans mon état habituel, mon toujours aimable Jésus
vint et, tout affligé, me dit: «Ma fille, quelle nausée
je ressens à cause de la désunion chez les prêtres.
Cela m’est intolérable. Leur vie désordonnée est la
raison pour laquelle ma justice permettra que mes ennemis viennent sur
eux pour les maltraiter. Les méchants sont prêts à
attaquer et l’Italie est sur le point de commettre le plus grand des péchés,
celui de persécuter mon Église et de faire couler le sang
innocent.»
Pendant qu’il disait cela, il me fit voir nos nations alliées
dévastées, plusieurs endroits rasés et leur orgueil
terrassé.
26 mars 1918
Chaque action faite dans la Divine Volonté fait croître
dans
l’âme les qualités et la sainteté divine.
Alors que j’étais dans mon état habituel et que j’essayais
de me fondre dans la Divine Volonté, mon doux Jésus me dit:
«Ma fille, chaque fois que l’âme entre dans ma Volonté
et y prie, y travaille, y souffre, etc., elle acquiert de nouvelles beautés
divines; pour chaque action additionnelle faite dans ma Volonté,
l’âme acquiert plus de force, de sagesse, d’amour et de sainteté
divine.
«De plus, pendant que l’âme acquiert des qualités
divines, elle laisse les quali-tés humaines. Quand l’âme agit
dans ma Volonté, l’humain reste comme suspendu; la vie divine agit
et prend la place, et mon Amour a la liberté de déposer ses
attitu-des dans la créature.»
27 mars 1918
L’âme vivant dans la Divine Volonté partage la vie
eucharistique de Jésus.
Je me plaignais à Jésus de ne même pas pouvoir
assister à la sainte messe. Il me dit: «Ma fille, qui donc
effectue le divin Sacrifice? N’est-ce pas moi? Lorsque je suis sacrifié
à la messe, l’âme qui vit dans ma Volonté est sacrifiée
avec moi, pas seu-lement à une messe, mais à toutes les messes;
elle est consacrée avec moi dans tou-tes les hosties.
«Ne quitte jamais ma Volonté et je te ferai aller partout
où tu voudras. Il pas-sera un tel courant de communication entre
toi et moi que tu ne feras aucune action sans moi et que je ne ferai aucune
action sans toi. Par conséquent, quand il te manque quelque chose,
entre dans ma Volonté et tu trouveras rapidement ce que tu veux:
autant de messes, de communions et d’Amour que tu veux. Dans ma Volonté,
rien ne manque et tu y trouves tout sous une forme infinie et divine.»
8 avril 1918
La différence entre vivre simplement en union avec
Jésus et vivre dans sa Divine Volonté.
Pendant que je discutais sur ce que signifie vivre dans la Divine Volonté,
quelqu’un émit l’opinion que cela consiste à vivre en union
avec Dieu. Se montrant à moi, mon toujours aimable Jésus
me dit: «Ma fille, il y a une grande différence entre vivre
simplement uni à moi et vivre dans ma Volonté.»
Pendant qu’il disait cela, il tendit le bras vers moi et me dit: «Viens
un moment dans ma Volonté et tu verras la grande différence.»
Je me trouvai ainsi en Jésus; mon petit atome nageait dans la Volonté
éternelle. Comme cette Volonté est un acte simple comportant
tous les autres actes (passés, présents et futurs), je pris
part à cet acte simple, dans la mesure où cela est possible
pour une créature. J’ai même pris part à des actes
qui n’existent pas encore et qui existeront à la fin des siècles
et aussi longtemps que Dieu sera Dieu. Pour tout cela, je l’ai aimé,
remercié, béni, etc.
Il n’y avait aucun acte qui m’échappait et j’ai pu faire mien
l’Amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit, vu que leur Volonté
était mienne; et je leur ai donné cet Amour comme étant
mien. Comme j’étais heureuse! Eux, ils trouvaient un plein contentement
en recevant de moi leur propre Amour. Mais qui peut tout dire? Il me manque
les mots.
Jésus béni me dit: «As-tu vu ce qu’est vivre dans
ma Volonté? C’est disparaître et, dans la mesure où
c’est possible pour une créature, entrer dans la sphère de
l’Éternité, dans la Toute-Puissance de l’Éternel,
dans l’Esprit incréé, et prendre part à chaque acte
divin. C’est jouir de toutes les qualités divines alors même
que l’on est sur la terre. C’est haïr le mal d’une manière
divine. C’est tout couvrir sans s’épuiser, vu que la volonté
qui anime l’âme est divine. C’est la sainteté non encore connue
sur la terre et que je ferai connaître, la plus belle et la plus
brillante, qui sera la cou-ronne et l’achèvement de toutes les autres
saintetés.
«Par contre, celui qui vit simplement uni à moi ne disparaît
pas; deux êtres sont ensemble, non fondus en un seul. Quiconque ne
disparaît pas ne peut entrer dans la sphère de l’Éternité
pour prendre part à tous les actes divins. Réfléchis
bien et tu verras une grande différence.»
12 avril 1918
Savoir se reposer en Jésus. La pureté d’intention.
Me trouvant dans mon état habituel, je ressentais un besoin
extrême d’être avec Jésus, de me reposer en lui. Mon
doux Jésus vint et me dit: «Ma fille, repose- toi en moi.
Tu me trouveras toujours à ta disposition; je ne te ferai jamais
défaut. Plus tu te reposeras en moi, plus je me verserai en toi.
Souvent, ressentant le besoin de me reposer, je viendrai à toi et
je me reposerai en toi, me servant à moi-même le repos que
je t’accorde.»
Puis, il ajouta: «Quand les âmes font tout pour me plaire,
m’aimer et vivre aux dépens de ma Volonté, elles deviennent
comme des membres de mon corps en les-quels je me glorifie comme si c’était
les miens. Autrement, elles sont comme des membres disloqués qui
me font souffrir; elles font souffrir non seulement moi, mais aussi elles-mêmes
et leurs semblables. Elles sont des membres qui laissent échapper
des matières purulentes contaminant même le bien qu’elles
font.»
16 avril 1918
Les souffrances permettent de trouver Jésus.
Poursuivant dans mon état habituel, je ressentais mon pauvre
coeur oppressé et en grande souffrance — je ne dis pas ceci pour
me plaindre. Mon toujours aima-ble Jésus vint et me dit: «Ma
fille, j’envoie des souffrances aux créatures pour qu’elles me trouvent
à travers elles. Je suis comme enveloppé par ces souffrances
et si l’âme souffre avec patience et amour, elle brise l’enveloppe
qui me recouvre et me trouve. Autrement, je demeure caché dans ces
souffrances, l’âme ne me décou-vre pas et je ne puis me manifester
à elle.»
Il ajouta: «Je ressens un désir irrésistible de
me répandre dans les créatures. Je voudrais déposer
en elles ma beauté pour les rendre toutes très belles; mais,
par le péché, elles rejettent ma divine beauté et
se couvrent de laideur. Je voudrais les combler de mon Amour mais, aimant
ce qui n’est pas de moi, elles tremblent de froid et rejettent cet Amour.
J’aimerais leur communiquer tout de moi pour les cou-vrir de mes qualités,
mais elles me rejettent. Me rejetant, elles forment entre elles et moi
un mur empêchant toute communication entre le Créateur et
sa créature.
«En dépit de tout cela, je poursuis mes efforts, espérant
trouver au moins une âme qui veuille recevoir mes qualités.
L’ayant trouvée, j’augmente mes grâces en elle, les multipliant
par mille. Je me verse tout entier en elle pour en faire un pro-dige de
grâces. Enlève donc cette oppression de ton coeur. Verse-toi
en moi et je me verserai en toi. Jésus te l’a dit et cela suffit.
Ne te soucie de rien, je vais m’occu-per de tout.»
25 avril 1918
Jésus s’amuse avec Luisa.
Je disais à mon doux Jésus: «Ma Vie, comme je suis
cattiva! (en italien, cattiva signifie mauvais, faible), mais je sais que
tu m’aimes quand même.» Alors, mon bien-aimé Jésus
me dit:
«Ma petite cattiva, tu es indubitablement cattiva, mais tu as
captivé[3] ma Volonté. En ayant captivé mon Amour,
ma puissance, ma sagesse etc., tu as captivé une partie de moi.
Mais en ayant captivé ma Volonté, tu as captivé toute
la subs-tance de mon Être, tu m’as captivé en totalité.
C’est pourquoi je te parle souvent, non seulement de ma Volonté,
mais de la manière d’y vivre.
«Je veux que tu connaisses bien ces deux aspects afin que ta
vie soit parfaite-ment intégrée à la mienne. Et alors,
en connaissant les secrets de ma Volonté, peux- tu être encore
mauvaise?» Je repris: «Mon Jésus, tu blagues avec moi.
Je veux te dire que je suis réellement cattiva (mauvaise) et que
je veux que tu m’aides à deve-nir bonne!» Il répondit:
«Oui, oui!» et il disparut.
7 mai 1918
La Divine Volonté s’occupe de départir l’âme de
ce
qu’elle a d’humain pour mieux s’intégrer à elle.
J’étais dans mon état habituel et mon doux Jésus
me dit: «Ma fille, si tu ne me vois pas comme à l’accoutumée
pendant quelques jours, ne t’afflige pas. Les maux vont augmenter. Le Ciel
et la terre vont s’unir pour frapper l’homme et je ne veux pas t’affliger
en te faisant voir tant de maux.»
Je lui répondis: «Mon bon Jésus, la plus grande
souffrance pour moi, c’est d’être privée de toi. C’est la
mort sans mourir, c’est une douleur indescriptible et sans limite! Jésus,
Jésus, que dis-tu? Moi sans toi, sans vie? Ne me dis plus jamais
cela!»
Jésus poursuivit: «Ma fille, ne t’alarme pas. Je n’ai
pas dit que je ne viendrai pas du tout, mais pas souvent. Je te le dis
d’avance pour que tu ne t’inquiètes pas. Ma Volonté te fournira
tout pour que tu restes ferme en elle. Comme la pelure d’un fruit, j’enlèverai
l’humain de toi. Laisse la machine de ma Volonté te moudre afin
que rien d’humain ne reste en toi.»
20 mai 1918
Dieu fait tout et possède tout par un simple acte de sa Volonté.
Poursuivant dans mon état habituel, je disais à mon doux
Jésus: «Comme je voudrais posséder tes désirs,
ton Amour, tes affections, ton Coeur, etc., pour pou-voir désirer
et aimer comme toi!»
Alors, mon toujours aimable Jésus me dit: «Ma fille, je
n’ai ni désir, ni affection, tout est concentré dans ma Volonté.
Ma Volonté est tout pour moi. On désire une chose si on ne
l’a pas; cependant, dans ma Volonté, je peux tout faire. Celui qui
n’a pas l’amour peut désirer l’amour mais, dans ma Volonté,
se trouve la plénitude, la source de l’Amour. Étant infini,
je peux, par un simple acte de ma Volonté, disposer de tous les
biens et les répandre sur tous. Si j’avais des désirs, je
ne serais pas parfai-tement heureux, il me manquerait quelque chose; je
serais un être fini. Je possède tout et, par conséquent,
je suis heureux et je peux rendre chacun heureux.
«Être infini signifie être capable de tout faire,
de tout posséder et de rendre tout le monde heureux. Puisqu’elle
est finie, la créature ne possède pas tout et ne peut tout
embrasser. Elle a des désirs, de l’anxiété, des affections,
etc. qu’elle peut utiliser comme des marches pour monter vers son Créateur,
y courtiser les qualités divines et, ensuite, déborder sur
les autres. Si l’âme se fond totalement dans ma Volonté, elle
ne fait pas que courtiser mes qualités, mais, d’une seule gorgée,
elle m’absorbe complètement. Ses propres désirs ou affections
disparaissent et sont remplacés par ceux de ma Volonté.
23 mai 1918
Les envolées de l’âme dans la Divine Volonté.
Ce matin, mon doux Jésus n’est pas venu et j’ai passé
ce jour dans les soupirs, l’anxiété et l’amertume. Cependant,
j’étais tout immergée dans sa Volonté. La nuit venue,
je ne pouvais plus tenir et j’ai appelé Jésus avec véhémence.
Je ne pouvais fermer les yeux et j’étais agitée. Je le voulais
à tout prix. Il vint finalement et me dit:
«Ma colombe, qui pourrait dire les envolées que tu fais
dans ma Volonté, l’espace que tu parcours, l’air que tu inhales?
Personne ne peut le dire, pas même toi! Il n’y a que moi qui puisse
le dire, moi qui jauge tes fibres, qui compte tes pen-sées et les
battements de ton coeur. Pendant que tu voles, je vois les coeurs que tu
touches. Ne t’arrête pas! Vole vers d’autres coeurs, frappe et envole-toi
à nouveau. Sur tes ailes, apporte mes “je t’aime” à d’autres
coeurs pour me faire aimer; viens ensuite dans mon Coeur pour te reposer
afin que, par la suite, tu puisses recom-mencer avec des envols encore
plus rapides.
«Je m’amuse avec ma petite colombe et j’invite les anges et ma
Mère à s’amu-ser avec moi. Et je ne te dis pas tout! Le reste,
je te le dirai au Ciel. Que de choses surprenantes je te dirai!»
Puis, il plaça sa main sur mon front en ajoutant: «Je te laisse
le souffle de ma Volonté. Endors-toi.» Et je me suis endormie.
28 mai 1918
Jésus aime Luisa d’un amour jaloux. La Maman céleste
cherche à
apaiser Jésus pour qu’il ne châtie pas les hommes.
Me trouvant dans mon état habituel, je disais à mon bien-aimé
Jésus: «Jésus, aime-moi. J’ai plus que quiconque le
droit d’être aimée par toi, parce que je n’ai jamais aimé
personne d’autre que toi et que personne d’autre ne m’aime. Et s’il semble
que quelqu’un m’aime, c’est pour ce qu’il reçoit de moi et non pour
moi. En somme, entre mon amour pour toi et le tien pour moi, aucun autre
amour ne vient s’intercaler.»
Mon doux Jésus me répondit: «Ma fille, tu ne dois
voir là rien d’autre que mon très puissant Amour pour toi;
il est si grand que sa jalousie te tient loin de tout. Ma jalousie est
telle que je demeure aux aguets afin que pas même une ombre d’amour
des créatures ne vienne t’effleurer. Au plus, je tolère que
quelqu’un t’aime en moi, mais pas hors de moi; autrement, je le ferais
fuir. Ainsi, tu n’es entrée dans aucun autre coeur et aucun autre
coeur n’est entré en toi.»
Vers le soir, Jésus revint avec la Reine Maman. Ils m’interpellèrent
par mon nom comme s’ils voulaient que je les écoute. Comme c’était
beau de voir Jésus et sa Maman parler ensemble! La céleste
Maman disait: «Mon Fils, que fais-tu? C’est assez! J’ai mes droits
de Mère et je suis peinée de voir tant souffrir mes enfants.
Veux-tu te livrer aux punitions pour détruire les créatures
ainsi que leur nourriture? Veux-tu les inonder de maladies contagieuses?
Que feront-ils? Tu dis que tu aimes cette fille; si tu fais cela, combien
ne souffrira-t-elle pas? Pour ne pas la rendre amère, ne fais pas
cela!»
En disant cela, elle tira Jésus vers moi. Mais Jésus
répondit fermement: «Je ne le peux pas! J’éloigne beaucoup
de maux à cause d’elle, mais tout, non! Ma Mère, faisons
descendre sur l’humanité une tornade de malheurs de sorte qu’elle
se rende.» Ils se dirent beaucoup d’autres choses, mais je ne comprenais
pas bien. J’étais terrifiée et j’attendais que Jésus
s’apaise.
4 juin 1918
La nécessité de réparer.
Poursuivant dans mon état habituel, je disais à mon bien-aimé
Jésus: «Ne dédaigne pas mes prières; ce sont
tes propres mots que je répète, tes propres inten-tions que
je porte. Je veux gagner des âmes avec ta Volonté, comme toi.»
Alors, Jésus béni me dit: «Ma fille, quand je t’entends
répéter mes mots, mes prières, et vouloir ce que je
veux, je me sens attiré à toi comme par un puissant aimant.
Quelle joie je ressens dans mon Coeur! Je peux dire que c’est une fête
pour moi. Et pendant que je me réjouis, je me sens faiblir à
cause de ton amour pour moi et je n’ai pas la force de frapper les créatures.
Tu me lies avec les mêmes chaînes que j’ai utilisées
avec le Père pour le réconcilier avec les hommes. Ah oui!
répète ce que j’ai fait. Fais toujours ainsi si tu veux que
ton Jésus, qui vit tant d’amertume, reçoive de la joie des
créatures.»
Il ajouta: «Si tu veux être en sécurité,
fais toujours des réparations et fais-les avec moi. Fonds-toi en
moi de manière à ce qu’il ne monte de toi et moi qu’un uni-que
cantique de réparation. Quand l’âme répare, elle est
à l’abri, elle est protégée contre le froid, la grêle
et tout. Si elle ne répare pas, elle est comme quelqu’un qui se
trouve au milieu de la route, exposé aux éclairs, à
la grêle et à tous les maux. Les temps sont très tristes
et si le cercle des réparations n’est pas agrandi, il y a danger
que ceux qui ne sont pas protégés soient frappés par
les éclairs de la divine justice.»
12 juin 1918
Jésus a mis les créatures à l’abri en les recouvrant
de son Humanité, mais elles se placent à l’extérieur,
exposées aux coups.
Me trouvant dans mon état habituel, j’ai dit à mon toujours
aimable Jésus: «Comment est-ce possible? Tu as tout fait pour
nous; tu as satisfait pour tous; en toute chose, tu as rétabli la
gloire du Père au nom des créatures de telle sorte que tous
soient recouverts d’un manteau d’amour, de grâces et de bénédictions;
néan-moins, les châtiments tombent encore, détruisant
presque le manteau de protection dont tu nous as couverts.»
M’interrompant, mon doux Jésus me dit: «Ma fille, ce que
tu dis est vrai. J’ai tout fait pour les créatures. Pour être
sûr de les placer en sécurité, j’ai voulu les envelopper
du manteau de mon Amour comme à l’intérieur d’une armure
de défense. Mais, par des péchés volontaires, les
créatures ingrates brisent cette armure, échappant ainsi
à mes grâces et à mon Amour. Se plaçant à
l’extérieur, sans aucun abri, elles sont frappées par les
éclairs de la justice divine. Ce n’est pas moi qui frappe les hommes;
ce sont eux qui, par leurs péchés, se dressent contre moi
et reçoivent les coups. Prie, prie pour contrer le grand aveuglement
des créatu-res.»
14 juin 1918
Jésus veut que l’âme manifeste l’amour qu’elle reçoit
de lui afin
que les autres deviennent également amoureux de lui.
Un soir, après que j’eus fini d’écrire, mon doux Jésus
vint et me dit: «Ma fille, chaque fois que tu écris, mon Amour
éprouve un nouvel épanchement, un nou-veau contentement,
et je me sens plus porté à te communiquer mes grâces.
Sache cependant que je me sens trahi quand tu n’écris pas tout,
que tu omets de parler de mes intimités avec toi et de mes démonstrations
d’amour. C’est que, dans ces mani-festations amoureuses, je cherche non
seulement à t’inciter à me connaître et à m’aimer
davantage, mais je m’intéresse aussi à ceux qui vont lire
ces textes et dont je pourrai recevoir plus d’amour. Si tu n’écris
pas ces choses, je ne recevrai pas cet amour et je me sentirai trahi.»
Je lui répondis: «Ah! mon Jésus, ça me demande
un tel effort de mettre sur papier certains secrets et certaines intimités
entre toi et moi! Il m’apparaît que tu dévies avec moi des
voies usuelles que tu utilises avec les autres.» Il me répondit:
«Ah! c’est la faiblesse de beaucoup; par humilité ou par peur,
ils cachent l’amour que j’ai pour eux et, ce faisant, ils me cachent. Au
contraire, ils devraient manifester cet amour pour me faire aimer. Ainsi,
je suis trahi en amour, même par les bons.»
20 juin 1918
Jésus joue le rôle de prêtre pour ceux qui vivent
dans sa Volonté.
Me trouvant dans mon état habituel, mon doux Jésus se
manifesta plein d’attention. Il veillait sur moi en tout. Une corde partit
de son Coeur et se dirigea vers le mien. Si j’étais attentive, cette
corde restait fixée à mon coeur et mon bien- aimé
Jésus la faisait bouger et s’amusait avec elle. Il me dit: «Ma
fille, je suis tout attentif aux âmes. Si elles sont également
attentives à moi, la corde de mon Amour reste fixée à
leur coeur, je multiplie mes attentions et je m’amuse. Autrement, la corde
reste lâche et mon Amour se sent rejeté et attristé.»
Il ajouta: «Chez les âmes qui font ma Volonté et
vivent en elle, mon Amour ne rencontre pas d’obstacle. Je les aime et les
préfère tant que je m’occupe directe-ment de tout ce qui
les concerne. Je leur procure des grâces inattendues. Et je suis
jaloux si quelqu’un d’autre fait quelque chose pour elles; je veux tout
faire moi- même.
«J’atteins une telle jalousie d’amour que, à l’instar
du prêtre à qui je donne le pouvoir de me consacrer dans l’hostie
sacramentelle, je m’accorde le privilège de consacrer moi-même
ces âmes qui font leurs actions dans ma Volonté en laissant
tomber leur volonté humaine pour permettre à la Divine Volonté
de prendre toute la place. Ce que fait le prêtre pour l’hostie, je
le fais pour ces âmes, non seulement une fois, mais chaque fois qu’elles
répètent leurs actes dans ma Volonté. Elles m’attirent
comme de puissants aimants et je les consacre comme des hosties privilé-giées,
répétant sur elles les mots de la consécration.
«Je fais cela avec justice parce que les âmes qui vivent
dans ma Volonté se sacrifient davantage que les âmes qui reçoivent
la communion mais ne vivent pas dans ma Volonté. Les âmes
qui vivent dans ma Volonté se vident d’elles-mêmes pour me
donner toute la place en elles. Elles me donnent l’entière direction
et, si nécessaire, elles sont prêtes à souffrir toute
peine pour vivre dans ma Volonté.
«Aussi, mon Amour ne peut attendre que le prêtre juge convenable
de me donner à elles par le moyen de l’hostie sacramentelle. Je
fais tout moi-même. Oh! que de fois je me donne en communion avant
que le prêtre trouve que c’est le temps de me donner à ces
âmes! S’il n’en était pas ainsi, mon Amour resterait comme
enchaîné par les sacrements. Non, non, je suis libre! J’ai
les sacrements dans mon Coeur; j’en suis le propriétaire et je peux
les exercer quand je veux.»
Pendant qu’il disait cela, il semblait chercher partout pour voir s’il
ne trouverait pas une âme vivant dans sa Volonté afin de la
consacrer. Que c’était beau de voir mon aimable Jésus voyageant
en hâte pour accomplir l’office de prêtre et de l’entendre
répéter les paroles de la consécration sur les âmes
qui font sa Volonté et y vivent! Oh! comme elles sont belles ces
âmes bénies qui reçoivent ainsi la consé-cration
de Jésus!”
2 juillet 1918
Quand l’âme s’abandonne à Jésus, Jésus
s’abandonne lui-même à l’âme.
Je disais à mon aimable Jésus: «Je t’aime mais,
parce que mon amour est petit, je t’aime avec ton propre Amour. Je t’adore
avec ton adoration, je te prie avec tes prières, je te remercie
avec tes actions de grâces.»
Pendant que je priais ainsi, il me dit: «Ma fille, quand tu aimes
avec mon Amour, que tu adores avec mes adorations, que tu pries avec mes
prières et que tu remercies avec mes actions de grâces, ces
actes se fixent dans les miens où ils sont agrandis; je me sens
ainsi aimé, adoré, prié et remercié comme je
veux que les créa-tures le fassent.
«Ah! ma fille, un grand abandon à moi est nécessaire!
Quand l’âme s’aban-donne à moi, je m’abandonne moi-même
à elle et, la remplissant de moi, je fais à sa place ce qu’elle
devrait faire pour moi. Par contre, si la créature ne s’abandonne
pas à moi, ce qu’elle fait reste fixé en elle-même
plutôt qu’en moi et ses actions sont remplies d’imperfections et
de misère, ce qui ne peut me plaire.»
9 juillet 1918
Pour l’âme qui vit dans la Divine Volonté, tout se
transforme en amour.
Pendant que j’étais dans mon état habituel, mon doux
Jésus vint et me dit: «Ma fille, je suis tout amour. Je suis
comme une fontaine d’amour telle que tout ce qui entre en elle se transforme
en amour. Dans ma justice, ma sagesse, ma bonté, ma force d’âme,
etc., il n’y a qu’amour. Mais, qui contrôle cette fontaine d’amour?
C’est ma Volonté. Ma Volonté domine, gouverne et ordonne.
Toutes mes qualités portent l’empreinte de ma Volonté.
«L’âme qui se laisse dominer par ma Volonté, qui
vit en elle, vit dans ma fon-taine d’amour. Elle est inséparable
de moi et, pour elle, tout se change en amour. Ainsi, ses pensées,
ses paroles, ses battements de coeur, ses actions, ses pas, etc. sont amour.
Pour elle, il fait toujours clair. Par contre, pour l’âme séparée
de ma Volonté, c’est la nuit. Les misères, les passions et
les faiblesses l’envahissent et font leur travail, un travail à
faire pleurer.»
12 juillet 1918
Les fruits de la Passion de Jésus.
Je priais pour une âme mourante avec un peu de crainte et d’anxiété.
Mon aimable Jésus vint et me dit: «Ma fille, pourquoi crains-tu?
Quand une âme médite sur ma Passion, se rappelant mes souffrances
en entretenant des pensées de com-passion et de réparation,
des chemins s’ouvrent entre elle et moi et des beautés variées
viennent orner son âme. Cette âme a fait les “Heures de ma
Passion” et je la recevrai comme une fille de ma Passion, revêtue
de mon Sang et ornée de mes Plaies. Cette fleur fut cultivée
dans ton coeur et je la bénis et la reçois dans mon Coeur
comme une fleur de prédilection.»
Pendant qu’il disait cela, une fleur partit de mon coeur et s’envola
vers Jésus.
16 juillet 1918
L’âme qui veut faire du bien à tous doit vivre
dans la Divine Volonté.
Ce matin, mon doux Jésus est venu et m’a dit: «Ma fille,
ne reste pas en toi- même, dans ta propre volonté; entre plutôt
en moi, dans ma Volonté. Je suis immense et seulement celui qui
est immense peut multiplier ses actes autant qu’il le veut. Qui demeure
dans les hauteurs peut envoyer de la lumière plus bas. Vois le soleil:
parce qu’il est dans les hauteurs, il est lumière pour tous; chaque
homme a le soleil à sa disposition comme s’il était sa propriété
personnelle.
«Par contre, plus bas, les plantes, les arbres, les rivières
et les mers ne sont pas à la disposition de tous. Elles ne sont
pas comme le soleil qui pourrait dire s’il pouvait parler: “Si je le veux,
je peux m’approprier toute chose, ce qui n’empêche nulle-ment les
autres de profiter de moi.” En effet, toutes les choses plus bas bénéficient
du soleil: quelques-unes de sa lumière, d’autres de sa chaleur,
d’autres de sa fécon-dité, d’autres de ses couleurs.
«Je suis la Lumière Éternelle. Je suis au sommet
et, par conséquent, je me trouve partout, y compris dans les plus
grandes profondeurs. Je suis la vie de tous et chacun me reçoit
comme si je n’existais que pour lui seul. Quant à toi, si tu veux
faire du bien à tous, entre dans mon immensité et vis dans
les hauteurs, détachée de tout, y compris de toi-même.
Autrement, tu seras entourée de terre; tu seras capa-ble d’être
une plante, un arbre, mais jamais un soleil. Plutôt que de donner,
tu ne feras que recevoir et le bien que tu feras sera si limité
qu’il pourra être mesuré.»
1er août 1918
Quand l’âme gémit de se sentir froide, aride et distraite
dans sa
relation avec Jésus, ses souffrances réconfortent Jésus.
Je vivais l’anxiété et la privation de Jésus et
je me plaignais souvent à lui. Il vint et, me pressant fermement
sur son Coeur, il me dit: «Bois de mon côté.»
Je bus le Sang très saint qui jaillissait de la blessure de son
Coeur. Comme j’étais heureuse! Cependant,