Les Celtes, issus
des Indo-européens, commencent à infiltrer la Gaule
entre 1600 et 1300 av. J.-C. Entre 1000 et 500 av. J.-C., la civilisation
de Hallstatt (premier âge du fer) se propage dans toute
la Gaule, suivie à partir de 500 av. J.-C., par la civilisation
de la Tène (deuxième âge du fer) dans le sud
et l'ouest de la Gaule.
Ne connaissant pas d'unité politique, les Celtes sont constitués
d’une myriade de peuples possédant des lois, des
coutumes et des rites différents. Ce qui reste invariable
dans cette multiplicité de formes politiques, c'est le
droit d'élection et la domination du pouvoir religieux
des druides. C’est l'esprit d'indépendance qui empêche
cette théocratie fédérative d'arriver à
l'unité. Par la conquête de la Gaule, Rome fera son
éducation politique en lui communiquant des habitudes d'ordre
et de discipline.
Le caractère des Celtes avait fait naître dans le
monde gréco-romain une curiosité mêlée
de terreur, devant cette race guerrière, mobile et cruelle,
aimant la gloire et l’aventure, méprisant la mort,
aimant parler avec esprit et se battre avec courage. La vertu
guerrière de la race celtique excitait l'admiration du
monde ancien et leur renom universel de bravoure faisait dire
à Tite-Live que le courage des Gaulois semblait dépasser
les limites de la nature humaine.
L'histoire des Celtes est marquée
par une succession de conquêtes et de migrations qui les
mènent jusqu'en Asie mineure. Du XIIe au IIe siècle
av. J.-C., ils sillonnent la terre en tous sens et remplissent
l'ancien monde du fracas de leurs armes. Ils envahissent l'Espagne
et la Germanie, occupent la haute Italie, brûlent Rome,
ravagent la Macédoine et la Thrace, forcent les Thermopyles,
pillent Delphes, assiègent Carthage et fondent un royaume
au cœur même de l'Asie.
Les plus grands hommes de guerre les rencontrèrent : Alexandre
admira leur fierté ; Pyrrhus et Annibal les appelèrent
à leur secours, l'un pour les associer à ses aventures,
l'autre pour les entraîner dans une ligue générale
contre Rome.
Au IIe siècle
av. JC, les Celtes d'Espagne passent sous domination romaine.
Aux IIe et Ier siècles avant notre ère, les Celtes
de Gaule sont soumis à la pression conjuguée des
Germains à l'est et des Romains au sud. Les habitants des
Gaules sont appelés Gaulois par les Romains.
En 124 av. JC, à la suite d'un appel à l'aide de
Marseille menacée par les peuplades celtiques voisines,
Rome occupe une partie méridionale de la Gaule, créant
ainsi la province Narbonnaise.
Avant la conquête des Gaules, les peuples celtes qui les
habitent sont répartis comme l’indique la carte ci-dessus.
Entre 58 et 50 av. JC, Jules César, général
romain, envahit la Gaule toute entière. La conquête
par les Romains est rapide sur le plan militaire, mais beaucoup
moins sur le plan de la civilisation qui va devenir lentement
Gallo-Romaine.
Entre le Ier et
le IIIe siècle, la Gaule romaine est organisée en
provinces qui recouvrent alors la France, la Suisse, la Belgique
et l'Allemagne occidentale.
La religion
des Celtes
Qu’en est-il de la religion des Celtes
avant l’arrivée du christianisme ? Il faut distinguer
la religion celtique originelle du système religieux que
le christianisme rencontra à son entrée en Gaule,
au milieu du Ier siècle, période où les Celtes
avaient associé les dieux de Rome à leurs vieilles
divinités celtiques.
Avant la conquête romaine, la religion les Celtes s’appuyait
sur les druides, philosophes spiritualistes, physiciens et naturalistes.
On leur confiait l’enseignement de la jeunesse noble et
ils arbitraient la plupart des conflits publics ou privés.
Chargés des pratiques religieuses, ils organisaient les
sacrifices offerts aux dieux. Ils prédisaient l’avenir
et connaissaient les vertus merveilleuses des plantes. Ils se
transmettaient leur doctrine oralement, car les écrits
la concernant étaient interdits. Cela explique le peu d'écrits
que nous avons sur cette période de notre histoire.
La théologie druidique reposait sur le polythéisme
(avec prédominance d’un dieu suprême au-dessus
des autres) et l’immortalité de l’être.
La croyance des Gaulois à la vie future était fortement
enracinée en eux. Par exemple, ils se prêtaient de
l'argent qui ne devait être remboursé que dans l'autre
monde. Cela montre qu’ils pensaient vivre dans l’autre
monde une sorte de continuité de la vie présente.
Mais ce peu d’attachement à la vie pour soi-même
et pour autrui se retrouvait dans leur religion car, selon les
auteurs antiques qui les ont beaucoup relatés, ils croyaient
nécessaire de faire des sacrifices humains pour apaiser
la justice divine. Ils immolent aux dieux les prisonniers et les
condamnés de droit commun ; le sacrifice des innocents
n’est pratiqué qu'en cas de nécessité.
Ce sont les Romains qui mirent un terme à ces pratiques.
La conquête de la Gaule par les Romains introduisit de nouveaux
éléments dans l'ancienne religion des Gaulois. Au
Ier siècle ap. J.-C., la religion romaine devient officielle.
Dès lors, les druides n'ont plus leur place et sont peu
à peu éliminés par les Romains. En déifiant
la nature, le druidisme en personnifiait les éléments.
Ce naturalisme polythéiste se laisse donc gagner sans trop
de peine par le polythéisme des races grecques et latines.
C'est dans cette société gallo-romaine que les missionnaires
de l'Évangile vont planter le drapeau de la foi.
L’arrivée
du christianisme en Gaule
1 - Tradition et critique
Les idées inspirées au cours du
XVIe siècle par la Renaissance et la Réforme, qui
« remettent en cause les acquis antérieurs »,
font que la Tradition concernant l’évangélisation
de la Gaule au Ier siècle, qui était jusque-là
crue sans être discutée, va commencer à être
remise en question. Puis le protestantisme, le jansénisme,
le voltairianisme et le rationalisme vont achever de rendre le
sentiment commun propre à la discréditer, y compris
chez nombre de catholiques et cela jusqu’au XIXe siècle.
C’est en effet au cours du XVIIe siècle que cette
tradition est traitée de légende, que des "esprits
sensés" ne peuvent plus croire. Le chef de file des
"savants contestataires" est Jean de Launoy (1603-1678),
prêtre augustinien, historien et théologien janséniste,
qui s'oppose à l'Eglise et finit par se faire exclure de
la Sorbonne dont il était docteur. On l’appelait
"le dénicheur de saints" parce qu'il vérifia
les légendes de nombreux saints qui, selon lui, figuraient
à tort dans les martyrologes. Launoy publie en 1641 un
volume en latin contre la Tradition, « De commentitio Lazari
et Maximini Magdalenae et Marthae in Provinciam appulsu dissertatio
», qui fait beaucoup de mal à celle-ci.
Cela fait qu’au XVIIIe siècle la Tradition de l’évangélisation
de la Gaule au Ier siècle était reléguée
parmi les fables et qu’au XIXe siècle il était
devenu couramment admis que cette Tradition était fausse
et que l’évangélisation n’avait commencé
qu’au IIIe siècle.
Il fallut attendre le milieu du XIXe pour que de nouveaux érudits
viennent réhabiliter l’ancienne Tradition. Le plus
éminent d’entre eux est sans doute l’abbé
Faillon avec son ouvrage qui fit référence
: « Monuments inédits sur l'apostolat de sainte Marie-Madeleine
en Provence ». L’abbé Étienne-Michel
Faillon (1799–1870) était prêtre sulpicien,
historien et professeur. Dans son livre en 2 tomes, extrêmement
complet et documenté, véritable travail de bénédictin,
il démonte un à un les arguments de Launoy et apporte
des preuves nouvelles et certaines de l’authenticité
de la Tradition.
Les lecteurs souhaitant approfondir le sujet et
au-delà pourront se reporter aux liens suivants :
Extrait du tome 141, pages 150 à
154, du journal ecclésiastique « L’Ami de la
Religion », édition 1849, Critique sacrée
sur l’apostolat de Sainte Marie-Magdeleine par l’abbé
Paulin du Chêne, directeur du petit séminaire de
Paris : http://www.google.fr/books?id=5YUPAAAAIAAJ&pg=1#PPA150
« L’histoire Universelle de l’Eglise Catholique
», tome IV, pages 479 à 488, édition 1857
par l’abbé Rohrbacher, professeur d’histoire
ecclésiastique au grand séminaire : http://www.google.fr/books?id=TWqskRfhTt8C&pg=PA479
« Saint Irénée et l’éloquence
chrétienne dans la Gaule », pages 40 à 81,
édition 1861, Les premiers apôtres de la Gaule par
l’abbé Freppel, professeur à la faculté
de théologie de Paris :
http://www.google.fr/books?id=Ca0GAAAAQAAJ&pg=1#PPA40
Notons que cette Tradition, ainsi réhabilitée,
est rendue parfaitement crédible par la mémoire
des Eglises locales et les nombreux miracles observés par
des générations de pèlerins en différents
lieux de Gaule, puis de France.
L'histoire chrétienne de la France commence donc vers l'an
43 après Jésus-Christ, avec l'arrivée des
proches de la sainte Famille, qui eurent l’honneur d’être
les premiers évangélisateurs de la Gaule. C’est
aussi l’époque où Pierre, le premier pape,
s’installe à Rome et envoie en Gaule les premiers
évêques.
La tradition Provençale dit qu’une
embarcation venant de Judée a accosté en Camargue,
près du lieu actuel « Les Saintes-Maries de la Mer
» (non loin de Marseille). Pour se débarrasser des
témoins embarrassants de la divinité du Christ,
on avait jeté à la mer, dans une barque sans pilote,
sans gouvernail et sans voile, les amis intimes de Jésus.
Mais Dieu lui-même gouverna la fragile nacelle et la fit
aborder en Gaule sur la côte de Provence.
A son bord se trouvaient :
-
saint Lazare, le ressuscité de l’Evangile,
-
ses sœurs : ·
sainte Marthe de Béthanie,
· sainte
Marie-Madeleine (Marie de Béthanie et de Magdala),
-
saint Maximin, un des 72 disciples du Sauveur,
-
saint Sidoine, l'aveugle né de l'Evangile que le Seigneur
a guéri,
-
les saintes-Maries :
·
Marie Jacobé, belle-sœur de la Sainte Vierge, femme
de Cléophas et mère de Jacques le Mineur,
· Marie Salomé,
petite cousine de la Sainte Vierge, épouse de Zébédée
et mère de saint Jacques le Majeur et de saint Jean l’évangéliste,
-
quelques disciples amis de la famille.
Enfin, les saintes-Maries apportèrent aussi avec elles
le corps de sainte Anne, mère de la Sainte Vierge, que
Marie leur avait elle-même confié.
C'est saint Auspice, premier évêque
d'Apt à la fin du Ier siècle, qui devint le gardien
des reliques de sainte Anne. Son corps, caché au temps
des invasions, fut retrouvé sous le règne de Charlemagne.
On en vénère encore une partie dans l'ancienne cathédrale
d'Apt. La plupart des reliques de sainte Anne furent dispersées,
en particulier à Auray en Bretagne, où sainte Anne
est honorée car elle apparut, de 1623 à 1625, à
un pieux paysan appelé Yves Nicolazic du village de Keranna
(qui veut dire Sainte-Anne). Sainte-Anne lui demanda la construction
d’une chapelle qui devint plus tard le sanctuaire de Saint-Anne
d'Auray. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30739j/f45.item http://www.sainteanne-sanctuaire.com/
Les parentes de la Sainte Vierge, Marie Jacobé et Marie
Salomé, restèrent sur les lieux de leur débarquement,
aux Saintes-Maries de la Mer. Elles y convertirent peu à
peu tout le delta du Rhône. http://www.saintesmaries.c.la/
Sainte Marie-Madeleine partit en direction de l’Est, vers
Aix et Marseille, avec son frère saint Lazare, qu’elle
assista un temps dans son apostolat. Elle alla ensuite passer
trente années seule dans une grotte du massif de la Sainte-Baume,
au nord de Toulon, à quelques kilomètres du village
aujourd’hui nommé « Saint-Maximin ».
C’est là qu’elle finit ses jours.
Aujourd’hui, une relique de Marie-Madeleine est conservée
au cœur de Paris, à l’église de «
la Madeleine ». Le sarcophage de ses restes se trouve à
Saint-Maximin où il a été retrouvé
au XIIIème siècle. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k307386/f589.item http://saintebaume.dominicains.com/ http://www.carto.net/verdon/ste_baume/ http://www.hotellerie-saintebaume.com/
Saint Sidoine partit évangéliser la région
au nord d’Orange et s’établit à Saint-Paul-Trois-Châteaux
dont il fut le premier évêque sous le nom de Restitut,
nom qu’il adopta en souvenir de sa guérison ("Restitutus
est ei visus"). Il alla ensuite évangéliser
la ville d’Albe (aujourd’hui Alba-la-Romaine en Ardèche).
Là, il tomba malade et mourut. Ses disciples rapportèrent
son corps à Saint-Paul-Trois-Châteaux, puis l’inhumèrent
dans l’église du bourg voisin « Saint-Restitut
». http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30743s/f252.item http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102546x/f23.item
C’est ainsi que commença l'évangélisation
de la Gaule, une dizaine d’années après l’Ascension
de Jésus. Ses amis intimes furent les dons privilégiés
du Seigneur à la première née de son Église,
celle qui était prédestinée à devenir
« la Fille Aînée de l'Église ».
3 – Les premiers évêques
missionnaires
De son côté St Pierre (1er pape
de 33 à 67) envoya en Gaule les premiers évêques,
accompagnés d’assistants évangélisateurs,
pour initier les Gaules au christianisme. Une tradition parle
de sept premiers évêques mais les auteurs ne sont
pas d’accord sur leurs noms. Toutefois, il est certain que
St Pierre envoya en Gaule des missions successives, où
figurèrent notamment :
-
Austremoine envoyé à Clermont, en Auvergne ;
-
Clément envoyé à Metz ;
-
Crescent, disciple de St Paul, envoyé à Vienne et
Mayence ;
-
Démètre envoyé à Gap ;
-
Euchaire et Valère envoyés à Trèves
;
-
Eutrope ou Ytrope envoyé à Saintes en Saintonge
;
-
Eutrope 1er envoyé à Orange ;
-
Front, un des 72 disciples, envoyé à Périgueux
;
-
Gatien envoyé à Tours ;
-
Georges, un des 72 disciples, envoyé dans le Velay ;
-
Martial, un des 72 disciples, envoyé à Limoges,
à Toulouse et en Aquitaine ;
-
Materne envoyé à Strasbourg ;
-
Memmie ou Menges (Memmius) envoyé à Châlons
en Champagne ;
-
Ruf ou Rufus envoyé à Avignon ;
-
Serge-Paul envoyé à Narbonne avec Aphrodise lequel
devint évêque de Béziers ;
-
Saturnin, un des 72 disciples, envoyé à Toulouse
;
-
Savinien et Potentien envoyés à Sens ;
-
Sévérien envoyé à Mende ;
-
Sixte envoyé à Reims ;
-
Trophime envoyé à Arles ;
-
Ursin (Nathanaël, un des 72 disciples) envoyé à
Bourges. http://www.google.fr/books?id=oMYCAAAAQAAJ&pg=1#PPA26,M1
Après ces premières missions, St Clément
(pape de 88 à 97), troisième successeur de saint
Pierre, missionna d’autres évêques vers la
fin du Ier siècle. Parmi eux, figurent :
-
Auspice envoyé à Apt ;
-
Denis envoyé à Paris ;
-
Exupère ou Spire envoyé à Bayeux ;
-
Julien envoyé au Mans ;
-
Lucien envoyé à Beauvais ;
-
Nicaise envoyé à Rouen ;
-
Rieul envoyé à Arles puis Senlis. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k307475/f122.item
A la fin du Ier siècle, les évêques porteurs
de l'évangélisation de la Gaule étaient
donc répartis comme le montre la carte ci-contre.
Evangélisation du 1er siècle
4 - Tradition
d’Aquitaine
Depuis vingt siècles, cette tradition
proclame que saint Martial, l'un des soixante-douze disciples
de Jésus-Christ, fut désigné par saint
Pierre pour évangéliser l'Aquitaine. Cela se passa
vers le milieu du Ier siècle. Saint Martial passa d’abord
par Limoges dont il fonda l’Eglise, comme premier évêque.
Saint Martial était reconnu par plusieurs Eglises, autres
que celle de Limoges, comme « le plus ancien prédicateur
de l'Evangile dans la Gaule Celtique ». Or, saint Irénée
(env.130-202), évêque de Lyon en 177, écrivait
vers la fin du second siècle (190) que « l'Eglise
est répandue par tout l'univers jusqu'aux extrémités
de la terre » et que « la tradition catholique est,
comme le soleil, partout la même : la même dans
les Germanies, dans les Ibéries et chez les Celtes.»
Puisque Martial est antérieur aux autres évangélisateurs
ayant fondé des Eglises en Gaule au cours du second siècle,
cela confirme la Tradition du premier siècle.
Les lecteurs voulant approfondir le sujet peuvent
se reporter aux liens suivants :
« Dissertation sur l’apostolat de St Martial »,
par l’abbé Arbellot, président de la Société
Historique et Archéologique du Limousin :
- Chap.1 et
2 en extrait, pages 209 à 299, du "Bulletin de la
Sté Archéologique et Historique du Limousin",
tome IV, édition 1853 : http://www.google.fr/books?id=rKc8AAAAIAAJ&pg=PPA209#PPA209
- Chap. 3,
4, 5 et 6 en extrait, pages 5 à 254, du "Bulletin
de la Sté Archéologique et Historique du Limousin",
tome V, édition 1854 : http://www.google.fr/books?id=JZk8AAAAIAAJ&printsec=titlepage#PPA5
5 – Expansion de l’évangélisation
Les premiers évangélisateurs
trouvent en Gaule une race asservie par la conquête, ayant
adopté les vices de l'étranger et ajouté
de nouvelles superstitions aux anciennes. Cela freine l'établissement
du christianisme qui se heurte à l’affaiblissement
du caractère des Gaulois et à la corruption de
leurs mœurs mais surtout à l'intolérance
romaine dont les persécutions légales contre le
christianisme en Gaule, comme dans tout l'empire, vont entraver
la prédication chrétienne. Le christianisme aura
donc besoin des trois premiers siècles pour poser en
Gaule ses fondations.
En revanche, un trait particulier des croyances de la race gauloise
va aider les missionnaires de l'Évangile. Les Gaulois,
qui ne craignent pas la mort, vont comprendre la doctrine du
sacrifice qui est l'âme du christianisme. Ils se laisseront
pénétrer par l'esprit de foi et de charité,
jusqu’à s'élever pour certains, sous l'inspiration
et l’aide de la grâce, à l'héroïsme
du martyre. Cette race mettra au service de la religion les
deux grandes qualités que le vieux Caton admirait en
elle : "l'éloquence et la bravoure". Plus qu'aucun
autre peuple, elle défendra l'Église par la parole
et par l'épée.
L'expansion de l'évangélisation au IIIe siècle,
en Gaule et dans tout l'empire Romain, est représentée
ci-contre.
Implanté dès le 1er siècle dans plusieurs
régions de Gaule et notamment dans la vallée du
Rhône et en Aquitaine, le christianisme pénètre
d'abord les villes puis les campagnes, grâce au zèle
des évêques et de leurs assistants. Tout comme le
druidisme, la religion chrétienne est interdite par les
Romains et les croyants sont persécutés car ils
refusent d’adorer les dieux romains. Tandis que le druidisme
disparaît, s’accroissent conjointement le culte rendu
aux dieux romains et le christianisme, lequel s’étend
malgré les persécutions.
De violentes persécutions de fidèles donnent à
leur communauté de nombreux martyrs, comme Pothin (évêque
de Lyon) et Blandine qui fut livrée aux animaux sauvages
et martyrisée dans l’amphithéâtre de
la ville de Lyon avec 46 coreligionnaires sous le règne
de Marc Aurèle, en 177 apr. J.-C. http://fr.wikipedia.org/wiki/Martyrs_de_Lyon http://www.catholic.pf/saint_pothin.htm
Les évangélisations des trois premiers siècles
font qu’au début du IVe siècle, le pays possède
de nombreuses églises. C’est le moment où
les persécutions cessent : en avril 313, par l’édit
de Milan, l’empereur Constantin accorde la liberté
de culte puis, en 381, l’empereur Théodose interdit
les sacrifices aux dieux païens et fait du christianisme
la religion d’État.
Au IVe siècle, Saint Martin (317-397), évêque
de Tours et fondateur du monachisme en Occident, s’attaque
aux hauts lieux du paganisme rural et évangélise
les campagnes. Au Ve siècle, l’aristocratie gallo-romaine
s’étant convertie, on peut voir des membres des grandes
familles sénatoriales occuper des fonctions épiscopales.
Vers la fin du Ve siècle, la christianisation sera complète
sur le continent.
Au Ve siècle, une branche de la race germaine, venant se
greffer sur ce peuple gallo-romain, va renouveler sa sève
vitale et bâtir les fondations de la France. Dans les siècles
à venir, ce pays déploiera une énergie sans
pareille dans les combats de la vérité contre l'erreur
et méritera d'être appelée le soldat de la
Providence, « la Fille Aînée de l'Église
».